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Thursday, 29 October 2026
Entertainment

C'est "l'un des pires flops de l'histoire", pourtant il est important que ce film avec Tom Cruise existe

Cette fois-ci, Tom Cruise ne s'élève plus dans les cieux, mais tombe. Les termes employés pour décrire son dernier film sont alarmants : "flop monumental", "désastre", "au plus bas", "l'un des plus grands échecs de l'histoire". Dans certains sites spécialisés, le langage utilisé témoigne de l'ampleur de la débâcle. Le blockbuster dirigé par Alejandro Inarritu, avec Tom Cruise en tête d'affiche, connaît un effondrement au box-office et semble déjà toucher à sa fin d'exploitation. Produit par Warner Bros. Pictures avec un budget estimé entre 160 et 175 millions de dollars, le film n'aurait généré, après trois week-ends d'exploitation aux États-Unis, que 41,7 millions de dollars. D'après Variety, les pertes pourraient atteindre environ 245 millions de dollars.

C'est une situation préoccupante pour Hollywood et l'industrie cinématographique, qui se remettent encore des conséquences de la pandémie et de la concurrence des plateformes de streaming. Cependant, ce qui apparaît tout aussi alarmant, c'est la violence du vocabulaire entourant l'échec commercial du film, qui alimente sans réflexion la vague de critiques négatives sur Internet.

Face à cette situation, plusieurs célébrités américaines ont pris la parole pour défendre Digger. Anne Hathaway, dans une lettre publiée sur la plateforme Letterboxd, a attribué un 10/10 à ce film qu'elle décrit comme "génial, intelligent, déjanté, percutant, drôle et ambitieux". Ce soutien est d'autant plus significatif venant de l'actrice qui a connu un grand succès cette année avec cinq films, dont L'Odyssée de Christopher Nolan, un prétendant sérieux aux Oscars. Dans le podcast populaire Happy Sad Confused, Ben Affleck a récemment mis en garde contre le danger de "célébrer" l'échec de Digger, qualifiant cela de "harcèlement de collégiens". Il a déclaré : "Si vous punissez les films qui prennent des risques, vous obtiendrez un cinéma uniformisé de mauvaise qualité. On ne peut pas créer quelque chose d'intéressant en art sans prendre de risques, ce qui implique d'accepter que certaines œuvres ne soient pas esthétiques".

Dans Digger, Tom Cruise apparaît sous un jour peu flatteur : bedonnant, avec des cheveux clairsemés, caressant un chat en piteux état. Pourtant, le film n'est pas une simple œuvre d'auteur déconnectée de la réalité. À travers le personnage de Digger Rockwell, un magnat du pétrole prêt à nous enfoncer davantage dans l'impasse, le film propose une satire incisive du capitalisme occidental et de ses dérives, notamment écologiques.

Il est frappant de voir un acteur de la stature de Tom Cruise, dont la carrière est indissociable de l'Amérique, se défigurer à ce point. Entre huit films de la franchise Mission Impossible, ayant rapporté 4,7 milliards de dollars à l’échelle mondiale, et deux volets de Top Gun, il n'avait pas été vu dans une situation aussi délicate depuis Eyes Wide Shut (1999) de Stanley Kubrick, où il perdait littéralement Nicole Kidman, sa partenaire à l'écran et dans la vie à l'époque, ou Magnolia (1999) de Paul Thomas Anderson, où il incarnait un gourou toxique. Plus qu'avec d'autres acteurs comme Brad Pitt ou Leonardo DiCaprio, les films avec Tom Cruise semblent avoir évolué en un genre à part entière, un genre où l'Amérique se confronte à ses propres échecs. C'est un risque que Inarritu a également pris en lui confiant le rôle principal.

La chute de Cruise dans Digger symbolise également la déchéance morale de l'Amérique sous Donald Trump. Le film, en réunissant plusieurs scènes où des dirigeants fantoches se rassemblent autour d'une mappemonde, rappelle le long métrage Le Dictateur (1940) de Charlie Chaplin, qui tournait en dérision l'avidité mortelle du pouvoir. Dans un monde au bord du précipice, il est essentiel que des films tels que Digger continuent d'exister.