Congo-Kinshasa: Ebola - Les pratiques funéraires traditionnelles et les retards de soins freinent la riposte
Les pratiques funéraires traditionnelles, ainsi que les retards dans l'accès aux soins, compliquent la lutte contre le virus Ebola dans la zone de santé de Nizi, située dans le territoire de Djugu, en Ituri. Cette information provient d'une étude publiée le jeudi 15 octobre par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
L'enquête, réalisée en août avec le soutien de l'OMS, met en lumière certains comportements au sein de la communauté qui augmentent le risque de contamination. Actuellement, cette zone de santé dénombre 458 décès sur un total de 794 cas confirmés d'Ebola.
Les résultats de l'étude sociologique soulignent que le contact direct avec les corps des personnes décédées lors des cérémonies funéraires joue un rôle significatif dans la propagation de la maladie. Les chercheurs suggèrent d'engager un dialogue direct avec les chefs traditionnels afin d'adapter les pratiques coutumières pendant cette période épidémique.
Jacques Malirwa, qui est le point focal national de l'OMS en matière de communication sur les risques, souligne l'importance d'ajuster les coutumes locales. Il déclare : « Il était question de leur montrer les risques que les communautés encourent en pratiquant ces rites coutumiers. L'enjeu n'est donc pas de renoncer définitivement aux traditions, mais de trouver des alternatives compatibles avec les exigences sanitaires. Les rites peuvent être adaptés le temps de l'épidémie. »
En plus de la gestion des décès, l'étude révèle que le diagnostic tardif des cas d'Ebola contribue à aggraver le taux de mortalité. De nombreux patients attribuent les premiers symptômes de la maladie à d'autres affections ou à des causes mystiques.
Alain Bahati, qui dirige l'étude, explique les parcours de soins suivis par les malades : « L'étude a révélé que la plupart des patients pensent au paludisme ou à un empoisonnement. S'ils pensent à la malaria, ils commencent immédiatement à s'auto-médicamenter au lieu de se rendre dans une structure de santé. Et s'ils soupçonnent un empoisonnement, ils préfèrent consulter un tradipraticien. Malheureusement, ils arrivent aux soins lorsque la situation est irréversible. »
Face à ces observations alarmantes, l'équipe de recherche recommande d'intensifier les campagnes de sensibilisation au sein des communautés et de réengager les équipes responsables des enterrements dignes et sécurisés. Cela pourrait aider à interrompre les chaînes de transmission du virus Ebola et à protéger la population de cette maladie mortelle.