Élections de mi-mandat : Trump s'affaire pour tenter de déjouer les sondages
Le président américain, âgé de 80 ans, intensifie ses efforts à travers le pays alors qu'il se prépare pour les élections de mi-mandat. Il se rend à nouveau au Kansas et dans l'Iowa, deux États qu'il avait largement gagnés en 2024. Malgré l'ancrage traditionnel des républicains dans ces régions, les démocrates commencent à envisager des victoires, alimentées par le mécontentement croissant des électeurs face à l'augmentation du coût de la vie et à la guerre en Iran, lancée malgré la promesse de Donald Trump de mettre fin aux interventions militaires à l'étranger.
Le milliardaire républicain balaie cependant ce mécontentement d'un revers de main, affirmant lors d'une conférence de presse samedi soir que "le pays ne s'en est jamais aussi bien sorti" et se déclarant "vraiment optimiste". Cependant, la stratégie du camp conservateur semble être marquée par une certaine nervosité, avec Trump et son vice-président JD Vance multipliant les apparitions dans des bastions républicains comme le Texas, l'Alaska et le Nebraska.
Dans le Midwest, la situation est préoccupante pour les républicains. Don Bacon, un élu de l'État, a exprimé ses inquiétudes sur CNN, notant que "le président est assez mal en point, surtout dans les régions +violettes+", qui ne se prononcent pas clairement en faveur d'un parti. Il a également souligné que "les droits de douane ne sont pas populaires ici dans le Midwest" et qu'il avait tenté d'en faire part au président.
Du côté démocrate, l'ambiance est à l'espoir. Les sondages laissent entrevoir une possible victoire de la gauche à la Chambre des représentants, où tous les sièges sont en jeu, et même au Sénat, où un tiers des postes sont renouvelés. Un changement de majorité, qui semblait improbable il y a un an, apparaît désormais comme une possibilité. "Je suis nerveux mais optimiste à l'idée que nous allons y arriver", a déclaré le sénateur démocrate de Géorgie, Raphael Warnock, sur CNN, notant un "véritable élan" parmi les électeurs.
Déjà, plus de 50 millions d'Américains ont voté, avec une majorité d'électeurs enregistrés comme démocrates selon des données préliminaires de l'université de Floride. Toutefois, la prudence est de mise, car les sondages ont souvent sous-estimé la mobilisation des électeurs pro-Trump lors de précédents scrutins.
Si les démocrates parviennent à prendre le contrôle d'une ou des deux chambres du Congrès, cela leur permettrait de dicter l'agenda législatif et d'influencer le budget fédéral, tout en ayant la capacité de demander des comptes à Donald Trump, qui impose sa volonté depuis deux ans sans rencontrer de réelle opposition. "Nous devons imposer des limites à ce président, qui est littéralement en train de piller notre pays et d'en vendre les morceaux", a plaidé Warnock.
Traditionnellement, le parti du président en exercice perd des sièges lors des élections de mi-mandat. L'impopularité de Trump, atteignant désormais 60 % selon un sondage de NBC News, renforce cette tendance. Néanmoins, ces élections ont vu circuler au moins 11 milliards de dollars en campagnes publicitaires, et le président républicain a promis de verser 5 000 dollars à chaque citoyen en cas de victoire, suscitant des interrogations sur la légalité et le financement d'une telle mesure.
Avant même que les résultats des élections ne soient connus, Trump, qui n'a toujours pas reconnu sa défaite face à Joe Biden en 2020, a commencé à évoquer une éventuelle contestation des résultats. "Je n'écarte rien. On verra", a-t-il déclaré au magazine Time en septembre, laissant planer le doute sur la possibilité d'une dispute électorale.