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Wednesday, 07 October 2026
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Elon Musk cherche 40 milliards de dollars à emprunter et révèle à son tour un paradoxe interpellant

Elon Musk a récemment franchi la barre des 1 000 milliards de dollars de patrimoine personnel, une grande partie étant constituée d'actions plutôt que d'argent liquide. Pourtant, il est en quête d'une somme colossale. D'après le Financial Times, le fondateur de SpaceX souhaite emprunter 40 milliards de dollars pour acquérir un maximum de puces Nvidia destinées à ses centres de données. Son plan consiste à lever environ 10 milliards via des banques et 30 milliards par le biais d'obligations.

Ce montant astronomique soulève des questions, mais il n'est pas sans précédent. La raison de ce besoin financier réside dans l'exigence croissante en "puissance de calcul" liée à l'intelligence artificielle (IA), qui requiert des puces de haute technologie de dernière génération. Nvidia, le leader américain du secteur, semble être le partenaire idéal pour cette opération.

Cette quête de fonds semble paradoxale, surtout après les déclarations d'Elon Musk appelant à une pause dans la course à l'IA, en raison des dangers qu'elle pourrait engendrer. Ce paradoxe est partagé par de nombreux dirigeants d'entreprises d'IA qui, tout en plaidant pour un ralentissement, continuent de pousser leurs innovations à un rythme effréné. Ce contraste entre les discours et les actions peut être interprété comme un "faites ce que je dis, pas ce que je fais", alors que ces entreprises aspirent à maintenir ou à conquérir leur position de leaders sur un marché en pleine évolution.

Bill White, l'ambassadeur américain à Bruxelles et fervent partisan des idées de Donald Trump, qui s'oppose formellement à un ralentissement dans le domaine de l'IA, a également exprimé des réserves quant aux risques potentiels que cette technologie représente pour l'humanité. Lors d'une conférence à Bruxelles le 17 septembre dernier, il a déclaré : "C'est un équilibre très délicat", soulignant la tension entre le désir de rester à la pointe de l'innovation et le besoin de prendre des précautions face aux dangers de l'IA. Les États-Unis craignent particulièrement de se faire distancer par la Chine dans ce domaine, ce qui pourrait avoir des répercussions à l'échelle mondiale.

Le projet d'acquisition de cette quantité massive de processeurs n'a pas encore été officiellement validé par SpaceX, mais il serait orchestré par le fonds new-yorkais Apollo Global Management et pourrait aboutir d'ici 2027, selon le Financial Times. Les acteurs du secteur semblent engagés dans une sorte de jeu de poker, misant sur l'avenir et espérant que ces investissements porteront leurs fruits.

Au-delà de cette opération, il est évident qu'un des grands acteurs de la technologie, en l'occurrence SpaceX, est prêt à s'endetter considérablement pour soutenir sa course vers l'IA, ou plus précisément vers la "superintelligence", un terme récemment popularisé par Donald Trump. Musk a d'ailleurs renommer la branche spécialisée en IA de SpaceX en SpaceXSI, suivant ainsi cette nouvelle terminologie.

SpaceX n'est pas le seul à chercher à lever d'importantes sommes d'argent. D'autres géants tels qu'Amazon, Oracle, Google et Meta ont également levé des dizaines de milliards de dollars cette année. Bien que les taux d'emprunt augmentent, cela ne semble pas freiner ces entreprises, qui bénéficient probablement de conditions de financement plus favorables que la moyenne.

Les investissements colossaux dans l'IA et ses infrastructures n'ont pas encore généré de profits significatifs, malgré le succès d'OpenAI avec ChatGPT et d'Anthropic avec Claude AI, qui parviennent à vendre de nombreux abonnements. Les fabricants de puces, tels que Broadcom, contribuent également au financement de leurs clients, prêtant jusqu'à 42 milliards de dollars à Anthropic, tout en lui offrant d'autres garanties pour faciliter les levées de fonds.

Ce système de financement, où l'on emprunte pour acheter des puces en espérant qu'elles génèreront des revenus suffisants, suscite des inquiétudes quant à une possible bulle spéculative. Les géants des puces deviennent parfois des prêteurs pour les entreprises d'IA, créant ainsi une dépendance technologique et financière. Les fabricants de puces ont tout intérêt à maintenir cette dynamique sans se faire distancer par d'autres acteurs.

Par ailleurs, des préoccupations émergent concernant l'obsolescence potentielle de ces puces, compte tenu de la rapidité des avancées technologiques. Certaines d'entre elles pourraient devenir obsolètes avant même que les entreprises aient fini de rembourser leurs dettes, voire avant de rentabiliser leurs investissements. Cependant, jusqu'à présent, cela ne semble pas décourager les investisseurs.

Dans la course à l'IA, il apparaît que ralentir pourrait être perçu comme plus risqué que d'emprunter des sommes énormes pour acquérir du matériel. Pour ces géants, le coût de l'inaction pourrait donc l'emporter sur le risque d'un surinvestissement.