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Monday, 19 October 2026
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Emmanuel Macron prend la parole après les scène de violence du 17 octobre: "Nous ressentons tous de la colère, de la honte"

Emmanuel Macron s'est exprimé ce dimanche soir à l'adresse des Français, après une journée de manifestations marquées par des violences dans plusieurs villes du pays. À partir de 18h30, il a convoqué une réunion à l'Élysée, rassemblant Sébastien Lecornu et les ministres concernés par la gestion des manifestations et les conséquences des dégradations.

Le Président a immédiatement condamné les actes de pillage et de violence survenus à Paris, Limoges et Lyon, en déclarant : "Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte [...] Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable." Il a ajouté : "Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser." Macron a également dénoncé la présence de "factieux issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants", qui ont commis des actes de violence dans les villes. Il a pris soin de faire la distinction entre ces individus et les manifestants ayant des revendications légitimes.

Le chef de l'État a promis d'assurer "la transparence" sur les stratégies de maintien de l'ordre utilisées lors des événements de samedi, demandant au gouvernement et au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de "tirer toutes les leçons" de cette situation et d'apporter "des réponses claires". L'exécutif fait face à de vives critiques, avec des responsables d'opposition appelant à la démission du ministre de l'Intérieur. Même au sein du bloc central, Édouard Philippe a exprimé le besoin de réponses concernant le niveau de renseignement et le dispositif de maintien de l'ordre.

Dans les jours à venir, les préfets "prendront les décisions" nécessaires pour "protéger nos villes", y compris la possibilité d'interdire certains rassemblements, a annoncé le Président, tout en confirmant son déplacement de trois jours prévu au Moyen-Orient. Emmanuel Macron a également appelé les "partis politiques" ainsi que les "organisations professionnelles et syndicales" à condamner sans ambiguïté les violences, soulignant l'importance de la proximité de l'élection présidentielle, qui aura lieu dans six mois.

Les violences entourant les manifestations de samedi ont entraîné 2.397 interpellations, avec 997 policiers et gendarmes blessés, dont 7 gravement, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur. Le candidat des Républicains à la présidentielle, Bruno Retailleau, a appelé Emmanuel Macron à décréter "l'état d'urgence" "sans délai". Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, a exhorté le Président à ne pas "jouer le pourrissement" et à répondre aux demandes des manifestants, car la jeunesse "a besoin qu'il y ait une bonne fin à cette séquence". À ce stade, aucune annonce concernant ces revendications, qui incluent la lutte contre la vie chère et la défense des services publics, n'a été faite par le chef de l'État. Toutefois, le Premier ministre a indiqué qu'il réunirait prochainement les partis politiques, syndicats, collectivités et parlementaires pour plusieurs discussions.

La place de la République, épicentre des manifestations parisiennes et des affrontements de samedi, a de nouveau été le théâtre de tensions dimanche après-midi, avec l'utilisation de gaz lacrymogènes par les forces de l'ordre pour disperser la foule. Des commerces ont également été pillés dans le secteur, où la CRS 8, une unité spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée pour le deuxième jour consécutif. Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a déclaré : "Nous vivons une crise profonde de confiance, d'autorité, qui fait peser une menace sur la démocratie."

Emmanuel Macron a ensuite annoncé que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunirait "dans les prochains jours" tous les partis politiques afin de condamner les violences, mais aussi les syndicats, organisations étudiantes, collectivités et parlementaires pour "construire" des solutions aux revendications sociales. "Nous ne pouvons demander à notre jeunesse de croire en l'avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d'être autour de la table", a souligné le président. Il a insisté sur le fait que "chacun doit prendre ses responsabilités" et que le pays a besoin d'ordre et de calme, plutôt que d'une escalade de la violence, à six mois de l'élection présidentielle.

Les événements de ce week-end ont mis en lumière une situation tendue dans le pays, avec un besoin urgent de réconciliation et de dialogue. Emmanuel Macron a conclu son allocution en affirmant : "Nous avons besoin d'unité, de calme et de respect." Il a également précisé que face aux casseurs, "nous serons intraitables", affirmant que "l'écoute et le dialogue ne signifient pas l'impunité". Le gouvernement, selon le Président, fait tout son possible pour répondre aux revendications, et il a reconnu la légitimité des préoccupations exprimées par les lycéens, un travail étant déjà en cours à ce sujet.