États-Unis : Darializa Ávila Chevalier, la militante socialiste qui a renversé l'establishment démocrate
« Nous avons besoin de changement ! » En juin dernier, sur la scène d'un théâtre à Brooklyn, Darializa Ávila Chevalier galvanise le public. Le maire de New York, Zohran Mamdani, ainsi que le sénateur progressiste Bernie Sanders, sont présents pour la soutenir, elle et d'autres candidats de la gauche, à l'approche de la primaire démocrate pour un siège à la Chambre des représentants. Ce jour-là, elle ne sait pas encore qu'elle s'apprête à créer une onde de choc en remportant cette élection face à un concurrent bien plus aguerri, le sortant Adriano Espaillat, figure bien établie qui représentait le nord de Manhattan et une partie du Bronx depuis 2017.
À seulement 32 ans, Darializa représente un nouveau visage de l'aile gauche du Parti démocrate, déterminée à défier les membres centristes qu'elle juge trop prudents face à Donald Trump et pas assez audacieux pour s'attaquer aux inégalités économiques. Bien qu'elle doive se mesurer à un candidat républicain lors des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre prochain, ses chances d'entrer à la Chambre des représentants sont très élevées : sa circonscription, qui comprend Harlem et le quartier dominicain de Washington Heights, est largement dominée par les Démocrates.
Avant d'obtenir cette victoire, Darializa Ávila Chevalier n'avait jamais participé à une élection. Originaire de Floride d'une famille dominicaine, elle a été élevée par sa mère, travailleuse sociale. Elle a poursuivi ses études à l'université Columbia, où elle s'est engagée pour la cause palestinienne après un voyage en Cisjordanie. Suite aux événements du 7 octobre 2023, elle a joué un rôle actif dans l'organisation de campements étudiants sur le campus de l'université new-yorkaise.
Actuellement, elle travaille comme enquêtrice dans un bureau de défense publique à Harlem, où elle aide à la préparation de dossiers pour des personnes poursuivies en justice, tout en poursuivant un doctorat sur la criminalisation des immigrés noirs latino-américains.
Sa campagne a néanmoins été marquée par des controverses. Elle a été critiquée pour avoir participé, le lendemain de l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, à un rassemblement où des slogans étaient interprétés comme soutenant la "résistance" armée. Ses opposants l'accusent également d'avoir défendu l'idée que toutes les expulsions, y compris celles de criminels, sont injustes.
Membre des Democratic Socialists of America (DSA), la principale organisation socialiste aux États-Unis, elle a également plaidé pour l'abolition de la police. Ces déclarations ne manqueront pas d'être évoquées par ses futurs collègues républicains à Washington, alors qu'elle se prépare à une carrière politique prometteuse, mais déjà controversée.