Today's Post
Tuesday, 13 October 2026
Health

« Incroyablement tôt » : la grippe prend de l'avance et une mutation du virus inquiète les chercheurs

Le vaccin contre la grippe a le potentiel de sauver des vies, mais son efficacité dépend de la capacité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à prédire les souches virales qui seront actives durant l'hiver. Chaque année, l'OMS analyse les données sur la circulation des virus pour anticiper les souches qui seront dominantes, permettant ainsi aux laboratoires pharmaceutiques de se préparer en amont pour produire le vaccin adéquat. La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière en France est prévue pour débuter le 13 octobre 2026, mais des chercheurs ont déjà noté des signes précoces de circulation du virus, notamment une prédominance de la souche H1N1 et une mutation préoccupante appelée G155E.

Dans plusieurs pays de l'hémisphère Nord, des cas de grippe apparaissent plus tôt que d'habitude. Au Royaume-Uni et sur la côte ouest des États-Unis, le nombre de tests positifs est déjà supérieur à la normale pour cette période de l'année. Au Japon, des foyers épidémiques survenus en août et début septembre ont même conduit à la fermeture d'écoles, comme l'indique un article publié dans la revue Nature le 6 octobre. Aux États-Unis, la majorité des cas signalés jusqu'à présent sont attribués à la souche H1N1, contrairement à l'année précédente où le H3N2 était le plus courant. L'analyse des premiers cas révèle une mutation émergente du H1N1 qui suscite des inquiétudes chez les experts.

Les virologues de l'université de Washington à Seattle ont identifié la mutation G155E dans 13 des 17 échantillons de virus H1N1 prélevés. La question centrale est de savoir dans quelle mesure l'immunité développée par les personnes vaccinées ou ayant déjà contracté la grippe est efficace contre ces nouveaux variants. Une étude menée par le Fred Hutchinson Cancer Center à Seattle a examiné la réponse des anticorps présents dans le sang de 260 individus en Australie et aux États-Unis face à 148 souches de virus de la grippe A circulant jusqu'à mi-2026.

Un cocktail d’anticorps élaboré par un laboratoire américain a montré des résultats prometteurs en protégeant des souris contre presque toutes les souches de grippe. Contrairement aux traitements actuels, cette nouvelle approche empêche le virus de muter et pourrait ouvrir la voie à un vaccin universel contre la grippe. Les chercheurs ont constaté que certaines souches avec la mutation G155E sont moins bien reconnues par les anticorps préexistants, en particulier chez les adolescents et jeunes adultes, qui n'ont probablement jamais été exposés à des virus H1N1 présentant des caractéristiques similaires.

Les scientifiques mettent en garde que ces résultats proviennent d'un nombre limité de tests positifs, ce qui rend toute prédiction sur l'évolution de l'épidémie prématurée. James Hay, épidémiologiste à l'université d'Oxford, souligne qu'un début de saison précoce n'implique pas nécessairement une virulence accrue. Caitlin Rivers, épidémiologiste américaine, indique qu'habituellement, elle attendait la mi-octobre pour se faire vacciner, mais envisage maintenant de le faire dès que possible en raison de la situation actuelle.

Cependant, ces nouvelles informations ne signifient pas que la vaccination est superflue. Même si le vaccin n'est pas parfaitement adapté aux virus circulants, il peut toujours réduire le risque d'infection, la gravité des symptômes, ainsi que les complications et les hospitalisations. Depuis plus de dix ans, des chercheurs s'efforcent de développer un vaccin universel contre la grippe. L'université de Pennsylvanie travaille sur une formulation contenant 20 antigènes différents, ce qui pourrait le rendre efficace contre tous les virus grippaux connus.

En France, la campagne de vaccination contre la grippe débutera le 13 octobre 2026. Elle est particulièrement recommandée pour les personnes de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les individus à risque de forme grave, ainsi que ceux en contact régulier avec des personnes vulnérables. Il est important de noter qu'il faut environ deux semaines pour que le vaccin offre une protection optimale, rendant ainsi pertinent de se faire vacciner dès le début de la campagne, surtout si l'épidémie démarre plus tôt que d'habitude.