« Je mets des films de Noël juste pour entendre des voix » : le cri de détresse de Fotini, la gérante d’Inox à Verviers, qui tente de survivre avec seulement 500 € de chiffre d’affaires
Dans la rue Crapaurue à Verviers, Fotini Bas, la gérante de la boutique Inox, fait face à une situation critique. À 60 ans, elle attend en vain que des clients franchissent le seuil de son magasin. En octobre, son chiffre d'affaires n'a atteint que 500 euros, une somme dérisoire qui ne couvre même pas ses charges fixes. « Je fais de mon mieux pour payer ce que je peux. C'est tout ce que je sais faire », confie-t-elle, la voix chargée d'inquiétude. Après des années de luttes financières, elle se retrouve dans une impasse.
Les journées semblent interminables dans cette boutique où le vide se fait de plus en plus pesant. « Depuis samedi dernier, je n'ai eu aucun client », déclare-t-elle le jeudi 22 octobre, soit cinq jours sans vente. Malgré cela, Fotini maintient son horaire d'ouverture, six jours par semaine, de 9 h à 18 h. Elle s'accroche à l'espoir qu'un client viendra, qu'il achètera quelque chose. « Chaque jour, je garde espoir. L'espoir, c'est ce qui me permet de continuer », souligne-t-elle, même si cette attente devient de plus en plus insupportable.
« Je me sens isolée ici. La situation ne cesse de se dégrader. Je ne sais pas si je dois persévérer ou mettre la clé sous la porte », avoue-t-elle, visiblement abattue. Pour tenter de briser le silence qui règne dans la boutique, Fotini a pris l'habitude de diffuser des films de Noël, bien qu'elle ne les regarde pas vraiment. « C'est juste pour entendre des voix », explique-t-elle, une lueur de mélancolie dans les yeux.
La gérante se trouve dans une situation où elle ne sait plus comment faire face à ses factures. Les difficultés économiques qui touchent le secteur du commerce de détail, exacerbées par la crise sanitaire et les changements des habitudes de consommation, pèsent lourdement sur son activité. La concurrence en ligne et la baisse de fréquentation des commerces physiques ont transformé le paysage commercial, laissant peu de place aux petits détaillants comme Fotini.
Avec la baisse constante de son chiffre d'affaires, elle a dû réduire ses dépenses au maximum, mais cela ne suffit pas à couvrir ses charges. Les clients se font rares, et ceux qui passent ne dépensent que le minimum. « Je ne sais pas combien de temps je pourrai tenir comme ça », admet-elle, le regard perdu dans le vide. La peur de devoir fermer son magasin, qu'elle a tant de mal à faire vivre, la hante jour et nuit.
En attendant des jours meilleurs, Fotini continue de se battre. Chaque matin, elle ouvre son magasin avec l'espoir qu'un client viendra. Mais la réalité est difficile à accepter. Les rêves d'une clientèle fidèle semblent s'éloigner, et la solitude de sa boutique devient de plus en plus pesante. « Je ne veux pas abandonner, mais la situation devient de plus en plus insoutenable », conclut-elle, résignée mais déterminée à ne pas céder à la désespérance.