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Sunday, 08 November 2026
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« Je ne méritais pas ça » : éborgnée lors d’une manifestation en France, Maïssa, 18 ans, raconte son calvaire

« Chaque matin, je me réveillais en pleurant. » Trois semaines après avoir perdu l'usage de son œil gauche, Maïssa, une jeune étudiante de 18 ans, s'efforce de se reconstruire. Sa vie a été profondément perturbée depuis le 17 octobre, date à laquelle elle a subi une blessure lors d'une manifestation. Dans un entretien accordé à Franceinfo et diffusé par BFMTV, elle décrit les répercussions tragiques de cet incident.

Ce jour-là, alors qu'elle n'avait que 17 ans, Maïssa se trouvait à Mulhouse avec des amies pour faire du shopping. Elles se sont retrouvées au milieu d'une manifestation étudiante. « Les gens chantaient et dansaient. Il y avait de la musique de Michael Jackson », se remémore-t-elle. L'atmosphère était joyeuse, avec des familles et des enfants présents.

Mais tout a soudainement changé. « Je n'ai rien entendu et tout à coup, j'ai ressenti un choc à l'œil, une douleur intense. Quand j'ai retiré ma main de mon œil, j'ai vu du sang et j'ai compris que c'était sérieux. » Selon son avocat, Maïssa aurait été touchée par un tir direct de grenade lacrymogène. Malgré deux opérations pour traiter une fracture du plancher orbital, elle a définitivement perdu l'usage de son œil gauche.

« Ma vie a changé du tout au tout », déclare-t-elle. Actuellement, elle souffre de migraines chroniques et d'une fatigue persistante. Elle envisage même de ne pas retourner à l'université cette année, par crainte de perdre l'autre œil. « J'éprouve une grande tristesse, car ma vie a pris un tournant brutal. Je ne mérite pas ça. Personne ne mérite cela », confie-t-elle. Elle trouve également difficile de supporter le regard des autres sur elle.

Sa mère, Cindy, exige des sanctions. « Je souhaite que justice soit rendue. Qu'on retrouve la personne responsable de cela et qu'elle ne puisse plus exercer ses fonctions. » Une plainte a été déposée le 28 octobre. L'IGPN, l'Inspection générale de la police nationale, mène une enquête pour violences aggravées, mais l'auteur présumé du tir n'a pas encore été identifié. L'avocat de Maïssa demande sa suspension.

La jeune femme veut maintenant obtenir l'interdiction des armes similaires à celles qui l'ont blessée. Vendredi, elle a rencontré trois députés de La France insoumise. Elle hésite encore à témoigner devant la commission d'enquête parlementaire sur les événements survenus le 17 octobre.