« J’étais prêt à mourir » : l’incroyable témoignage d’un Belge parti se battre en Ukraine et sauvé par un de ses frères d’armes
Au sein du conflit en Ukraine, certains témoignages illustrent de manière poignante la violence du front. Celui de « Sphinx », un Belge engagé dans la lutte depuis trois ans, en est un exemple frappant. Dans une interview accordée à Christophe Deborsu, il décrit une opération contre des positions russes qui a failli lui coûter la vie, avant de se transformer en un sauvetage in extremis.
Tout change lorsque son unité reçoit l'ordre de se replier après un raid. « C'était un peu chaotique, j'ai entendu la retraite, mais j'ai eu un problème de communication radio et je me suis retrouvé isolé », raconte-t-il. Seul, il se retrouve exposé pendant de longues minutes, sans possibilité immédiate de rejoindre ses camarades. Dans ce type de situation, quelques secondes suffisent à transformer une mission en désastre, laissant un soldat vulnérable sous le feu ennemi.
Face aux tirs, « Sphinx » réalise que sa vie est en danger. « J'étais conscient que je pouvais mourir, les balles sifflaient autour de moi, les arbres éclataient sous les impacts, j'étais prêt à cela », confie-t-il. La tournure des événements s'opère grâce à un autre soldat. « Un Anglais, Scottie, s'est souvenu que j'étais là et a fait demi-tour pour venir à ma rescousse », explique le volontaire belge. Pour lui, ce geste a été crucial : « Il m'a, pour ainsi dire, sauvé la vie, car sans lui, j'étais prêt à mourir. »
Avec l'arrivée de Scottie, la perspective de survie change. « Quand il est arrivé, la dynamique était totalement différente parce que je n'étais plus seul », poursuit « Sphinx ». Ensemble, ils rampent « pendant environ 45 minutes sous le feu » pour regagner leurs lignes. À quelques dizaines de mètres de leur position, ils se relèvent, levant les mains en signe de paix, en criant « friendly, friendly », avant de courir vers leurs camarades. Le retour est marqué par une « grande descente d'adrénaline », suivi d'accolades dans la tranchée. Cet épisode « très marquant » rappelle que, dans le chaos, la survie peut parfois dépendre d'un camarade prêt à revenir en arrière.