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Sunday, 08 November 2026
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« La plus précoce jamais observée » : les météorologues mettent en garde face à une perturbation exceptionnelle du vortex polaire

Des météorologues ont signalé, ce vendredi, une perturbation du vortex polaire qui se manifeste de manière exceptionnellement précoce, augmentant ainsi le risque de vagues de froid à travers l’hémisphère nord, bien que les conséquences exactes demeurent incertaines.

Le vortex polaire est un phénomène caractérisé par des vents puissants qui circulent entre 10 et 50 kilomètres d'altitude au-dessus de l'Arctique durant l'hiver. Les variations de son intensité et de sa configuration, qui incluent des changements de forme et de température, peuvent influencer les conditions météorologiques, notamment en provoquant une chute significative des températures.

Ces vents atteignent généralement leur intensité maximale en janvier, après avoir gagné en force durant l'automne. En revanche, ils peuvent s'affaiblir dans la seconde moitié de l'hiver, généralement entre janvier et mars, permettant ainsi à des masses d'air très froid de descendre vers le sud, affectant l'Europe, l'Amérique du Nord et l'Asie. Cependant, les scientifiques notent que le vortex commence déjà à s'affaiblir en ce début de novembre.

« Selon nos observations, il s'agit de la perturbation du vortex stratosphérique la plus précoce jamais enregistrée », ont déclaré à l'AFP Tim Stockdale et Frederic Vitart, experts au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF). Cette perturbation « accroît considérablement les risques de vagues de froid dans les zones les plus densément peuplées de l'hémisphère nord, notamment aux États-Unis, en Europe et en Asie de l'Est », a précisé Judah Cohen, climatologue au Massachusetts Institute of Technology, dans une interview accordée à l'AFP.

Grahame Madge, porte-parole du Met Office britannique, a également souligné que cette précocité est « exceptionnelle ». Une des explications possibles pourrait être liée à « l'intensité du phénomène El Niño dans le Pacifique » cette année. En effet, les eaux de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial se réchauffent depuis le printemps, entraînant des modifications significatives des régimes de vents, de pression et de précipitations à l'échelle mondiale. Cette année, le phénomène El Niño est particulièrement puissant.

Tim Stockdale et Frederic Vitart ont également exprimé leur incertitude quant à l'origine de cette perturbation précoce, tout en faisant référence à El Niño comme un facteur possible. Il est à noter qu'une perturbation en novembre n'a été constatée que trois fois depuis le début des relevés dans les années 1950 : en 1958, 1968 et 2025, toutes survenues le 28 novembre.

Bien que cette perturbation survienne très tôt dans la saison, ses effets pourraient être « moins marqués » que ceux observés lors de perturbations survenant en plein hiver, a ajouté Cohen. Cela s'explique par le fait que « les températures dans les régions d'origine de ces masses d'air, comme la Sibérie ou l'Arctique, ne sont pas encore aussi basses qu'elles le seront en février ». Selon lui, El Niño, qui tend à adoucir les hivers, pourrait également jouer un rôle modérateur ou modificateur sur les impacts d'un vortex polaire précoce, bien que cela reste incertain.

Pour l'heure, Météo France indique que les conséquences de cette perturbation sur la météo en France sont « très incertaines » et dépendront de l'évolution de la situation. L'agence française a également noté que ce phénomène pourrait « renforcer d'ici plusieurs semaines » les écarts de température entre le nord et le sud de l'Europe, avec des conditions plus froides au nord et plus chaudes au sud. Judah Cohen a également mentionné que le réchauffement climatique pourrait avoir un rôle à jouer, bien qu'aucune étude n'ait encore établi de lien clair à ce sujet.