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Thursday, 22 October 2026
Health

Octobre Rose au Maroc : déconstruire huit idées reçues sur le cancer du sein

Chaque mois d’octobre, la campagne « Octobre rose » met l’accent sur l'importance du dépistage précoce et de l'information fiable concernant le cancer du sein. Cependant, plusieurs idées reçues persistent autour de cette maladie. Par exemple, certaines personnes se demandent si le port d'un soutien-gorge augmente le risque de cancer, ou si la découverte d'une grosseur au sein est toujours synonyme de cancer. Les antécédents familiaux sont-ils nécessaires pour évaluer le risque ? Pour clarifier ces questions, Yabiladi a identifié huit mythes sur le cancer du sein et a consulté le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur spécialisé dans les politiques et systèmes de santé, afin de distinguer le vrai du faux concernant les facteurs de risque, les symptômes et les traitements.

La première idée reçue est que l'absence d'antécédents familiaux signifie qu'il n'y a aucun risque de cancer du sein. Bien que les antécédents familiaux, notamment chez les parentes de premier degré, puissent augmenter le risque, cela ne signifie pas que les femmes sans antécédents sont à l'abri. « Environ 80 % des cas surviennent chez des femmes sans facteur de risque particulier en dehors du sexe et de l'âge, même sans proches atteints », souligne le Dr Hamdi. Bien que des antécédents familiaux nécessitent une évaluation plus approfondie, ils ne sont pas une condition sine qua non à la maladie.

Ensuite, il existe la croyance que les femmes ayant une forte poitrine sont plus susceptibles de développer un cancer du sein. Or, la taille des seins n'influence pas le risque de cancer. Aucune preuve ne montre que des seins plus volumineux ou plus petits augmentent le risque. Toutefois, la densité mammaire pourrait jouer un rôle. « Un tissu mammaire dense peut être associé à un risque plus élevé et rendre certaines tumeurs plus difficiles à détecter lors d'une mammographie », précise Hamdi.

Une autre idée reçue affirme que porter un soutien-gorge serré peut causer le cancer du sein. Cependant, aucune recherche scientifique ne prouve l’existence d’un lien entre le port de soutiens-gorge, même ajustés, et le cancer. « L’idée selon laquelle les soutiens-gorge entraveraient le drainage lymphatique n’est pas fondée », indique le Dr Hamdi.

Concernant l'utilisation de déodorants, certains pensent qu'ils pourraient induire un cancer du sein. Toutefois, les études n'ont pas corroboré ce lien. « Ni les données épidémiologiques, ni celles de laboratoire n'établissent un rapport avec le cancer », insiste Hamdi. Il est cependant conseillé d'être prudent en cas de peau irritée ou lésée, ou après le rasage.

Un autre mythe est que toute grosseur détectée au sein est cancéreuse. En réalité, la majorité des grosseurs sont bénignes, même si environ 80 % des anomalies détectées ne sont pas cancéreuses. « Cependant, l'absence de grosseur ne signifie pas qu'il n'y a pas de cancer », avertit Hamdi. Des signes tels que des changements cutanés, des modifications au niveau du mamelon ou des écoulements inhabituels nécessitent une consultation médicale immédiate.

Par ailleurs, il est courant de croire que le cancer du sein ne concerne que les femmes d'âge mûr ou âgées. En réalité, cette maladie peut également toucher des jeunes femmes, y compris celles dans la vingtaine ou la trentaine, même si le risque augmente avec l'âge. « Les tumeurs chez les jeunes femmes ne sont pas toujours plus agressives ; cela dépend de leurs caractéristiques biologiques », précise Hamdi. Il est essentiel d'examiner tout symptôme, quel que soit l'âge.

Il est également faux de penser que tous les cancers du sein se traitent de la même manière. « Les traitements varient en fonction du stade de la maladie, du type de tumeur et de ses caractéristiques moléculaires et hormonales », explique Hamdi. Les options de traitement peuvent inclure la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie, l'hormonothérapie ou des thérapies ciblées, chaque cas étant unique.

Enfin, bien que le cancer du sein touche principalement les femmes, les hommes représentent environ 0,5 à 1 % des cas selon l'Organisation mondiale de la santé. « Les signes possibles incluent une masse ferme sous le mamelon, des modifications de la peau ou des écoulements », indique Hamdi. Tout symptôme inhabituel doit être évalué rapidement pour éviter un diagnostic tardif.