Près de 15.000 malades de longue durée vivent à l'étranger: pour la N-VA, ils sont trop peu contrôlés
Le député Axel Ronse, représentant de la N-VA à la Chambre, a récemment réitéré ses préoccupations concernant le contrôle des malades de longue durée vivant à l'étranger. Lors d'une intervention lundi, il a mis en lumière le nombre croissant de Belges en incapacité de travail résidant hors du pays.
D'après des données fournies par le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, environ 14 713 Belges ou ayants droit en incapacité de travail étaient établis à l'étranger en 2025. Ces personnes ont perçu des indemnités s'élevant à 258 millions d'euros, une somme en nette augmentation par rapport aux 139 millions d'euros versés en 2020 à 9 312 bénéficiaires, ce qui représente une hausse de 86 % en l'espace de cinq ans.
Bien que ces personnes aient légalement droit à des indemnités, Axel Ronse souligne que leur situation est souvent floue et moins surveillée que celle des malades vivant en Belgique. Selon lui, l'Inami (Institut national d'assurance maladie-invalidité) et les différentes mutualités manquent de visibilité sur la réalité de leur situation et disposent de peu de moyens pour intervenir.
Ronse a également souligné que les délais de traitement pour les contrôles sont considérablement plus longs pour ceux vivant à l'étranger, allant jusqu'à 779 jours en Bulgarie. Il a exprimé des inquiétudes quant à l'évaluation du potentiel de travail des malades résidant à l'étranger, ainsi qu'à la variabilité des approches de contrôle d'une mutualité à l'autre.
Pour remédier à ces problèmes, le député propose de séparer les missions de contrôle des malades et de paiement de leurs indemnités. Il suggère que l'Inami prenne en charge le contrôle de l'invalidité de manière indépendante, soulignant que cela est d'autant plus crucial lorsque ces dépenses sociales atteignent des milliards d'euros.
De son côté, Pedro Facon, directeur de l'Inami, a exprimé des réserves quant à l'idée de reprendre cette mission de contrôle à court terme. Il estime qu'une telle réforme nécessiterait des ressources, du temps et des efforts qui devraient plutôt être consacrés à la réinsertion des malades dans le monde du travail, qui doit rester la priorité.
Les préoccupations soulevées par Axel Ronse mettent en lumière une problématique importante au sein du système de santé belge, notamment en ce qui concerne la gestion des malades de longue durée vivant à l'étranger. Le débat sur la nécessité d'un meilleur contrôle et d'une répartition des responsabilités entre les organismes concernés semble donc loin d'être clos.