Que contient le protocole d’accord signé entre la Belgique et Amazon ?
Les petites et moyennes entreprises (PME) belges qui commercialisent leurs produits sur la plateforme d’Amazon réalisent une plus grande partie de leurs ventes en dehors de l'Union européenne, selon les données fournies par le géant américain de l'e-commerce pour l'année 2025. Jeudi, un protocole d'accord a été signé entre le gouvernement fédéral belge et Becom, la fédération belge de l'e-commerce, dans le but d'accélérer la croissance des exportations des PME belges et de les aider à atteindre plus de deux milliards d'euros de ventes cumulées à l'export d'ici la fin de l'année 2030.
Environ 1 000 PME sont présentes sur la « marketplace » belge d’Amazon, lancée en 2022. L'année dernière, plus de 90 % de ces entreprises ont exporté vers des clients à l'international, générant ensemble plus de 400 millions d'euros de chiffre d'affaires à l'exportation. Bien que plus de 75 % d'entre elles aient vendu à d'autres États membres de l'UE, ces ventes n'ont rapporté que 190 millions d'euros, alors que les entreprises belges ont historiquement une forte orientation vers le marché européen pour leurs exportations.
Pour répondre à cette situation, Amazon a officiellement lancé, jeudi, l'« Amazon Export Pledge », un programme destiné à aider les PME belges à atteindre un montant cumulé de plus de 2 milliards d'euros de ventes à l'exportation d'ici 2030, ce qui équivaut à une moyenne de 500 millions d'euros par an sur les quatre prochaines années. Ce programme soutient le Plan d'action fédéral belge E-Commerce Plus et fait partie d'un investissement d'un milliard d'euros en Belgique sur trois ans, annoncé l'année dernière par Amazon. Il établit également un dialogue structuré entre les autorités publiques, Becom, les entrepreneurs du secteur numérique et les marketplaces.
Dans le cadre de cet engagement, Amazon prévoit d'investir dans des outils et des infrastructures pour aider les vendeurs à se développer à l'international, en se concentrant sur trois axes principaux : l'intelligence artificielle (IA), la logistique et la visibilité. Les entrepreneurs utilisant la plateforme paient un abonnement mensuel de 39 euros, en plus d'une commission sur les ventes de 8 à 15 %. En retour, Amazon leur offre un soutien dans divers domaines, notamment la traduction des descriptions de produits, la conversion des devises, l'emballage, l'expédition et la gestion des retours.
Becom, pour sa part, renforcera la préparation des PME à l'exportation en proposant des formations et en partageant des bonnes pratiques. Le gouvernement fédéral instaurera un dialogue structuré pour surmonter les obstacles transfrontaliers rencontrés par les entrepreneurs et plaidera en faveur d'un marché unique au niveau européen.
« Notre ambition est de créer les conditions qui permettront aux entrepreneurs belges de s'ouvrir à l'international, car ils n'ont pas toujours les moyens de le faire », a déclaré David Clarinval, ministre fédéral de l'Économie. Selon lui, ce plan et ses outils permettront aux entreprises, parfois « enfermées » dans leurs activités, de renforcer leur compétitivité et d'accroître leur chiffre d'affaires.
Le ministre a justifié la signature de cet accord avec Amazon en affirmant que « nous avons mis en place un cadre loyal et obtenu l'engagement d'Amazon à respecter un ensemble de règles pour maintenir l'équité sur le marché. C'est pour cela que je signe, sinon je ne le ferais pas ». En revanche, il a souligné que la situation est différente avec les concurrents chinois d'Amazon. Il prévoit de se rendre en Chine dans deux semaines pour rencontrer les responsables de Temu, une entreprise qu'il estime « incapable de respecter les normes d'un marché équitable ». À Zaventem, il a noté que plus de 50 % des colis en provenance de Chine ne respectent pas les règles du marché, citant des exemples de produits contenant des substances nocives pour la santé.