Retentissement dans l’affaire Thélyson Orélien : son éditeur canadien lui tourne le dos
Les soutiens à l’écrivain Thélyson Orélien s’effritent dans le milieu littéraire. Après le retrait de l’Académie Goncourt, c’est au tour de son éditeur canadien, les Éditions du Boréal, de se distancier de lui. Ce mercredi, la maison d’édition a fait des déclarations concernant la controverse qui secoue le monde littéraire depuis un mois. L’éditeur a confirmé que le roman intitulé *C’était ça ou mourir* avait été en partie réalisé grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle. « De nouveaux éléments, confirmés ces derniers jours, indiquent que l’intelligence artificielle a été impliquée dans le processus d’écriture de *C’était ça ou mourir* », a déclaré l’éditeur. En conséquence, il a été annoncé que la collaboration avec l’auteur prenait fin.
Il y a encore une semaine, Thélyson Orélien affirmait que son roman était entièrement le produit de son propre travail, malgré quelques « erreurs de jeunesse » et un passé controversé en matière de plagiat. « Ce roman, je l’ai écrit moi-même », avait-il insisté.
Face à cette situation, l’éditeur a pris des mesures drastiques. Après avoir soutenu l’auteur, il a décidé de mener une « analyse approfondie » de l’historique de création du roman, ce qui aurait révélé des indications d’une utilisation d’IA dans les métadonnées. « Nous ne savons pas encore dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans l’élaboration de *C’était ça ou mourir*, et il est probable que nous n’aurons jamais de réponse définitive à ce sujet », a-t-il ajouté. Malgré cela, la maison d’édition a décidé de cesser toutes réimpressions du livre et de mettre un terme à toute collaboration future avec l’auteur, alors qu’un contrat pour un deuxième roman avait déjà été signé.
Sur le plan commercial, le livre a connu un succès notable avec environ 75 000 exemplaires vendus depuis la fin août. Il s’est distingué dans le cadre de la rentrée littéraire de septembre, en partie grâce aux révélations du compte X @BalanceTonClaude, géré par le chroniqueur du Figaro, Samuel Fitoussi, qui a affirmé avoir détecté un recours important à l’IA dans l’écriture de l’ouvrage.
Alors que certains se distancient de l’auteur, d’autres continuent à le soutenir pour l’instant. Son éditeur français, Grasset, avait transmis à l’AFP un document dans lequel Thélyson Orélien répondait aux accusations. Ce texte, intitulé *Ce roman que j’ai écrit*, marquait la première prise de parole publique de l’auteur, qui a déclaré : « C’est une calomnie et une hérésie. » Il a précisé : « J’ai utilisé ici et là des outils pour des recherches, notamment pour des idiomes étrangers, mais aucune phrase de ce livre n’a été produite par une machine, tout comme le sens et l’organisation de mon récit viennent de mes tripes. »
Sur les réseaux sociaux, les opinions sont divisées. Certains affirment avoir ignoré la polémique et continuent de recommander le livre, tandis que d’autres expriment des doutes sur certaines phrases. Des commentaires comme « Au départ, je le défendais car je pensais que c’était une accusation infondée teintée de racisme. Mais depuis qu’il a reconnu avoir plagié d'autres auteurs, cela m’a refroidie » apparaissent également sur Instagram.
Concernant les prix littéraires, le jury du prix Renaudot ne semble pas préoccupé par les allégations. Le roman de Thélyson Orélien figure dans la seconde sélection du prix, aux côtés de huit autres œuvres. Reste à voir si les qualités littéraires de l’ouvrage prévaudront face aux soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle lors de la troisième et dernière sélection prévue pour le 28 octobre.