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Saturday, 17 October 2026
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Sommet européen : les Européens divisés sur l’immigration - RTBF Actus

Les dirigeants européens se sont réunis à Bruxelles pour la première fois depuis la crise migratoire survenue fin juillet dans l'enclave espagnole de Ceuta, où des milliers de personnes ont afflué depuis le Maroc. Cet événement a exacerbé les tensions entre l'Espagne, d'une part, et l'Italie et le Danemark, d'autre part, mettant en évidence les faiblesses de la coopération européenne en matière d'immigration.

Depuis cet incident, les 27 États membres de l'UE tentent de rétablir le dialogue, mais leurs efforts semblent avoir porté peu de fruits. Selon plusieurs diplomates interrogés par l'AFP, la crise de Ceuta a été largement discutée lors de la réunion de vendredi à Bruxelles, avant que les discussions ne s'élargissent à la question de l'immigration en Europe, entraînant des échanges parfois très vifs.

Deux positions opposées ont émergé. D'un côté, l'Espagne, qui prône une politique d'ouverture et a mis en place un vaste programme de régularisation pour les sans-papiers. De l'autre, de nombreux pays de l'UE, comme l'Italie et le Danemark, qui défendent une approche beaucoup plus stricte de l'immigration. Ces derniers avaient même demandé, durant la crise, l'exclusion de l'Espagne de l'espace Schengen.

Les propos de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a exprimé son regret de ne pas se sentir en sécurité dans certaines régions d'Europe, ont été mal accueillis par plusieurs participants. La dirigeante social-démocrate a souvent justifié son ton direct sur l'immigration comme un moyen de lutter contre l'extrême droite.

Sans mentionner directement les commentaires de Frederiksen, le président français Emmanuel Macron a qualifié le débat qui s'est tenu de "mauvais" et "très politisé". Il a souligné la nécessité de dépasser les clivages idéologiques, qui, bien que respectables, ne devraient pas diviser les discussions. "Quand on politise ce débat autour de la table, on divise. Quand on divise et qu’on revient à des solutions nationales, on est inefficaces", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Pour sa part, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a commenté sobrement les désaccords avec la Première ministre danoise. Un responsable européen a confirmé que les échanges avaient été particulièrement intenses et idéologiques entre les dirigeants présents.

Ces tensions surviennent alors que l'Europe a récemment durci ses politiques migratoires. Au cours des derniers mois, Bruxelles a renforcé ses règles, permettant aux États membres de renvoyer les demandeurs d'asile déboutés vers des centres situés en dehors des frontières de l'UE, appelés "hubs de retour".

Certains pays, comme le Danemark et l'Allemagne, soutiennent fermement cette initiative et envisagent de conclure des accords d'ici la fin de l'année avec des pays tels que le Rwanda, l'Ouganda, le Ghana ou l'Ouzbékistan. En revanche, la France reste sceptique quant à l'efficacité de telles mesures.