"Tout est faux !" Malgré ses dénégations, l'ancien gérant d'un manège équestre du BW condamné à 50 mois de prison pour avoir abusé d'adolescentes
En 2022, une mère a déposé une plainte après avoir découvert que sa fille, née en 2004, avait été victime d'abus dans un manège équestre situé dans l'est du Brabant wallon. Cette jeune fille, comme d'autres adolescentes, se rendait régulièrement dans cet établissement pour monter à cheval et apporter son aide bénévolement au couple qui gérait le manège à l'époque.
Un jour, le gérant, un homme dans la cinquantaine résidant à Jodoigne et n'exerçant plus dans cet établissement, a proposé un pari à deux adolescentes concernant les chevaux. Elles ont perdu, et lorsqu'il a évoqué l'enjeu, il a plaisanté en disant qu'il voulait une fellation. Initialement, les jeunes filles ont pris cela pour une blague, mais face à son insistance, elles ont clairement fait savoir qu'elles n'étaient pas d'accord. Cependant, l'une d'elles, pour éviter d'être constamment harcelée, a fini par céder à la pression.
Alors qu'elle se trouvait seule avec le gérant dans un box, elle a obéi à sa demande. Plus tard, lorsque son amie est arrivée, elle a remarqué que son comportement avait changé, mais la victime n'a pas révélé ce qui s'était passé. Le gérant, quant à lui, a continué à exiger que l'autre jeune fille se plie également à cette demande inappropriée. Cette dernière, elle aussi seule avec lui, a fini par céder, bien qu'elle n'ait jamais eu de relations sexuelles auparavant. Elle était dans un état de détresse, pleurant alors qu'il la touchait.
Quelques jours plus tard, alors que l'une des victimes était de nouveau présente au manège, elle s'est retrouvée seule avec le gérant dans sa maison. Il a de nouveau demandé des rapports sexuels, mais elle a refusé, affirmant avoir été contrainte à cause du pari. Néanmoins, il l'a forcée à avoir des relations sexuelles. Après avoir partagé son expérience avec des amis, elle a finalement décidé de se rendre dans un centre de planning familial. Le personnel de cette structure a confirmé aux enquêteurs qu'ils avaient reçu la jeune fille, qui montrait des signes de stress post-traumatique, mais elle ne souhaitait pas porter plainte, car ses parents n'étaient pas au courant des abus.
Le mois dernier, le gérant a comparu devant le tribunal correctionnel. Il a nié toutes les accusations portées contre lui, déclarant : "Tout est faux !" Selon lui, les jeunes filles du manège s'amusaient à instaurer des gages entre elles et parlaient souvent de sexe, ce qui, selon lui, était une histoire inventée. Bien que la police ait retrouvé des photos d'une des jeunes en soutien-gorge sur son téléphone, il a expliqué qu'il s'agissait simplement d'une blague.
Le jugement rendu récemment a établi que les accusations de viol, d'incitation à la débauche et d'atteinte à l'intégrité sexuelle étaient fondées. Compte tenu de la gravité des faits et du manque de remise en question de la part du prévenu, celui-ci a été condamné à 50 mois d'emprisonnement, avec un sursis probatoire pour la partie de sa peine excédant un an. Les conditions de ce sursis incluent un suivi spécialisé pour les délinquants sexuels et l'interdiction de gérer un établissement fréquenté par des mineurs.