Un journaliste infiltré révèle plusieurs abus dans une élise évangélique en pleine expansion
Go Church, une église évangélique en pleine expansion en Flandre et à Bruxelles, se concentre principalement sur les jeunes vulnérables issus de l'immigration d'Afrique noire. Cette communauté, qui compte désormais onze sites, dont un à Bruxelles, est au cœur d'une enquête révélant des pratiques de manipulation émotionnelle et financière, ainsi que des allégations d'abus sexuels. Ces informations proviennent d'une investigation menée par le quotidien De Morgen et le magazine d'enquête Pano de la VRT.
Un journaliste, équipé d'une caméra cachée, a infiltré Go Church, qui fait partie du Lighthouse Group of Churches, une organisation chrétienne évangélique charismatique internationale fondée au Ghana. Son intérêt pour cette église a été suscité par des vidéos sur TikTok où des jeunes exprimaient leur désillusion. Par la suite, une campagne de soutien a émergé sur la même plateforme, avec des témoignages de jeunes affirmant que Go Church les avait aidés à surmonter des pensées suicidaires et des addictions.
Après avoir été accueilli au sein de la communauté, le journaliste a assisté à une messe de trois heures. Comme tous les nouveaux membres, il a été appelé à se présenter devant l'autel et à fournir des informations personnelles ainsi que ses coordonnées sur les réseaux sociaux. Dès son intégration, il a été assigné à un petit groupe dirigé par un "berger", où des lectures bibliques étaient organisées chaque semaine.
En parallèle, quatre communes ont déjà résilié leurs contrats de location avec Go Church. Les membres étaient encouragés à participer au développement de l'église en prenant part à des séances de chant ou de danse, dans le but de promouvoir Go Church sur les réseaux sociaux. Ils étaient également sollicités pour "évangéliser", c'est-à-dire recruter de nouveaux membres en les abordant dans des lieux très fréquentés, comme le Meir à Anvers ou la Grand-Place de Louvain.
Au fil de l'enquête, le journaliste a constaté que les membres, souvent très jeunes et vulnérables, étaient incités à rompre leurs liens avec les personnes extérieures à la communauté. On leur conseillait d'abandonner leurs loisirs et ceux qui manquaient des activités ou des cérémonies étaient régulièrement relancés via WhatsApp. De plus, ils étaient pressés de contribuer financièrement à Go Church.
Les révélations les plus préoccupantes concernent des allégations d'abus sexuels. Un responsable de Go Church en Flandre aurait été impliqué dans des abus envers cinq jeunes femmes, selon des témoignages recueillis par le biais de WhatsApp. Contactée par les enquêteurs, Go Church a confirmé ces allégations, précisant qu'elle avait expulsé l'individu en question dès qu'elle en avait eu connaissance. L'église a également déclaré que les victimes étaient majeures, une affirmation contestée par plusieurs témoins.
Le reportage, diffusé mercredi soir, a suscité une onde de choc en Flandre. En réponse aux révélations, plusieurs communes ont déjà pris des mesures en résiliant leurs contrats avec Go Church, soulignant l'impact que ces allégations ont eu sur la réputation de cette organisation.