Une institution bruxelloise ferme ses portes, et change de concept : "Pour sortir la tête hors de l'eau, il faut développer de nouvelles activités"
La crise qui touche le secteur de l'horeca continue d'affecter de nombreux établissements, et un nouveau restaurant à Bruxelles a récemment annoncé sa fermeture. Il s'agit du "Le Corbier", situé dans le quartier du Sablon, au cœur de la capitale belge. Cet établissement était réputé pour avoir accueilli des personnalités telles qu'Alain Delon, Maurane, Sylvie Vartan et Justine Henin durant les années 90 et 2000.
En 2024, le restaurant a été repris par le couple d'entrepreneurs Delphine Roberti de Winghe et Arnaud Le Grelle, qui possèdent également le restaurant "Barbizon". Ils ont choisi de conserver l'âme du Corbier tout en engageant Gérald Watelet pour repenser la décoration intérieure.
Dans une interview accordée à l'Écho, Delphine Roberti de Winghe a expliqué que la décision de fermer le restaurant a été difficile à prendre. Plusieurs facteurs liés à la crise actuelle du secteur les ont poussés à se réinventer. "L'augmentation spectaculaire des charges, combinée à une diminution des dépenses des clients, crée une situation délicate", a-t-elle déclaré au média économique.
Elle a ajouté : "Même si le restaurant attire une bonne clientèle, cela ne suffit pas. Dans le domaine de la restauration, les marges bénéficiaires sont très faibles." L'entrepreneuse a souligné que l'indexation des salaires, la hausse des coûts énergétiques, ainsi que d'autres dépenses relatives au mobilier et à la vaisselle, ont eu un impact significatif, alors que les affaires avaient bien démarré lors de leur année d'ouverture. "Les longues périodes de vacances, les travaux dans le quartier du Sablon et les étés caniculaires ont entravé le bon fonctionnement de cet établissement, qui a plutôt un cadre hivernal", a-t-elle précisé. Les premières pertes ont été constatées en 2025.
Pour Delphine Roberti de Winghe, les clients semblent de plus en plus consacrer une part de leur budget aux vacances plutôt qu'aux sorties au restaurant, ce qui affecte la fréquentation. Afin d'éviter la faillite et de retrouver la rentabilité, elle a décidé de changer de modèle commercial et d'ouvrir un "nouveau chapitre".
Le restaurant ferme donc ses portes, mais l'espace sera réaménagé pour devenir "un lieu dédié aux événements", comme l'a rapporté le quotidien. Delphine Roberti de Winghe a souligné que l'événementiel présente un avantage par rapport au secteur de l'horeca en termes de prévisibilité. "Lorsqu'un client organise un événement, j'ai une vision beaucoup plus claire du nombre de participants, des menus choisis et des consommations prévues. Cela me permet d'ajuster le personnel en fonction des besoins", a-t-elle expliqué à l'Écho.
Elle a également conseillé aux restaurateurs d'explorer de nouvelles activités, telles que des soirées à thème ou des événements d'entreprise, pour surmonter les défis actuels. "Aujourd'hui, pour sortir la tête hors de l'eau, il est essentiel de diversifier les offres", a-t-elle conclu.