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Tuesday, 20 October 2026
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Après l'agression d'une journaliste et de diplomates étrangers, Washington s'indigne, Netanyahou temporise

Une journaliste du New York Times, hospitalisée vendredi après avoir été agressée par des colons israéliens, a suscité une réaction internationale, suivie samedi par l'agression de diplomates belges, français et polonais. En réponse à ces incidents, Israël a annoncé l'arrestation de dix suspects liés à des actes de violence en Cisjordanie. Ce lundi, l'ambassadeur des États-Unis en Israël, Mike Huckabee, a exprimé sa satisfaction sur X, qualifiant cette arrestation d'"évolution très positive dans l'identification et la punition des auteurs des agressions et des coups violents infligés à Heidi Levine".

Cependant, ces événements ne sont qu'un échantillon des attaques récurrentes en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967. Les violences perpétrées par des colons contre les communautés palestiniennes sont devenues une réalité quotidienne, s'intensifiant particulièrement avec le début de la saison de récolte des olives, une culture essentielle pour l'économie palestinienne. L'ONG israélienne Yesh Din a rapporté plus de 269 incidents liés à cette récolte au cours des vingt derniers jours.

À la suite des violences du week-end, l'armée israélienne et la police des frontières ont collaboré avec le Shin Bet pour procéder à l'arrestation de dix Israéliens, un événement exceptionnel. Cependant, les chances que ces détentions entraînent des sanctions sont très faibles. Selon les données de Yesh Din, de 2005 à 2025, 94 % des enquêtes ouvertes par la police israélienne concernant des violences commises par des colons ont été classées sans suite.

Le quotidien Haaretz a précisé, citant un communiqué de la police, que ces arrestations faisaient partie d'une opération plus vaste en réponse aux violences récentes. Certains des colons appréhendés auraient été arrêtés pour avoir enfreint des arrêtés militaires interdisant l'accès à certaines zones. Le 7 octobre, près de deux semaines avant ces événements, le commandement militaire israélien avait signé de nouveaux ordres restreignant l'accès des Palestiniens aux terres agricoles, en prévision de la récolte des olives. Selon l'ONG La Paix maintenant, l'accès des fermiers palestiniens à 88,3 kilomètres carrés de leurs terres, représentant 20 % des zones oléicoles de Cisjordanie, était soumis à une coordination préalable avec l'armée. Bien que cette superficie soit 30 % plus grande que l'année précédente, les Israéliens ont, quant à eux, bénéficié d'une réduction des terres agricoles dont l'accès leur était interdit pour éviter les violences.

La réaction de Mike Huckabee survient à une semaine des élections législatives israéliennes. Dans le même temps, Donald Trump a réaffirmé son soutien à Benjamin Netanyahou, dont les sondages le placent en retard face à son principal rival, Gadi Eisenkot, pour les élections du 27 octobre. Toutefois, Netanyahou n'a pas suivi son allié américain dans la condamnation des agressions contre les diplomates et les journalistes. Dans un communiqué publié samedi, son bureau a insinué que les accusations manquaient de "preuves sérieuses" et pourraient s'inscrire dans une campagne de "diffamation" contre Israël.

Par ailleurs, des journalistes de Haaretz ont rapporté que des responsables de la sécurité israélienne dénoncent des "pressions politiques" qui empêcheraient l'armée d'agir contre le "terrorisme juif" en Cisjordanie. Ces responsables affirment que les commandants hésitent à défier les dirigeants des colons ou à intervenir contre les attaques perpétrées par des soldats et des civils israéliens contre des Palestiniens, même lorsque des diplomates étrangers sont impliqués. Une étude de l'Institut de politique du peuple juif réalisée en septembre révèle qu'un tiers des Israéliens qualifient les colons violents de "terroristes israéliens", tandis que 18 % préfèrent les désigner comme des "criminels nationalistes".