Au G20 aux Etats-Unis, les Européens refusent une « photo de famille » avec le Russe Lavrov
Lors de la réunion du G20 qui se tient aux États-Unis, les ministres des Affaires étrangères européens ont décliné l'idée de participer à la traditionnelle « photo de famille » avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Ce refus survient dans un contexte de tensions exacerbées en raison de la guerre menée par le Kremlin contre l'Ukraine. En conséquence, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, qui est l'hôte de la rencontre, a été contraint d'annuler la cérémonie de prise de vue, face à la menace de boycott de la part des Européens.
Malgré son statut de membre du G20, la Russie a été largement mise de côté lors des réunions du groupe depuis le début de l'invasion de l'Ukraine en 2022. Ce retournement a été amplifié par la présidence actuelle des États-Unis sous Donald Trump, qui a manifesté un intérêt renouvelé pour le rapprochement avec le Kremlin. La présence inattendue du ministre russe des Finances à la fin du mois d'août en Caroline du Nord avait déjà suscité des réactions de mécontentement parmi les pays européens, un sentiment qui s'est répété avec la venue de Lavrov.
« Il n’y a pas de retour à la normale avec la Russie. C’est ici, autour de cette table, que nous devons échanger nos divergences d’opinions, et c’est pourquoi ce débat est important. Mais nous ne devons pas envoyer de signaux visuels trompeurs », a déclaré le député allemand Wadephul, selon des informations relayées par l'AFP. De son côté, le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a ajouté : « Je ne suis pas le seul à ne pas vouloir être photographié avec Lavrov. » La Pologne participe au G20 pour la première fois, tandis que l'Afrique du Sud a été exclue de la réunion, accusée de racisme envers les Afrikaners, descendants des colons blancs.
Donald Trump, qui aspire à trouver une solution rapide au conflit en Ukraine, a même proposé d'inviter Vladimir Poutine à un sommet du G20 qu'il organisera en Floride à la mi-décembre. À ce jour, le président russe n'a pas encore donné de réponse à cette invitation. La situation demeure donc tendue et les relations entre les pays occidentaux et la Russie continuent d'être marquées par un profond scepticisme.