Bruxelles s'empare du dossier des frigos piratés dans les supermarchés
Une nouvelle menace se profile en Europe, avec une série de piratages informatiques ayant ciblé plusieurs supermarchés à travers le continent, touchant des pays tels que les Pays-Bas, la Suède, la Belgique et l'Irlande. Les cybercriminels ont réussi à prendre le contrôle à distance des systèmes de réfrigération, déclenchant leur mode dégivrage et augmentant les températures jusqu'à 50 °C. Cette manipulation a conduit à la détérioration massive de produits alimentaires et à des pertes économiques significatives pour les distributeurs.
En réponse à cette situation alarmante, la Commission européenne a rapidement convoqué des réunions d'urgence, réunissant des représentants de ses services, de l'agence de cybersécurité Enisa et d'Europol. Christophe Hansen, commissaire européen à l'Agriculture et à l'Alimentation, a souligné que ces cyberattaques seraient abordées lors de la prochaine réunion du Collège de sécurité de la Commission, afin d'évaluer les plans d'urgence des enseignes et leur capacité à réagir efficacement.
Ce Collège de sécurité, créé en 2025 sous l'initiative d'Ursula von der Leyen, regroupe l'ensemble des commissaires pour examiner les menaces stratégiques pesant sur l'Union européenne. Le fait que ces cyberattaques soient abordées à ce niveau indique que l'exécutif européen les considère comme plus que de simples incidents techniques, les qualifiant de menaces potentielles pour la sécurité de l'approvisionnement et la confiance du public.
Christophe Hansen a qualifié ces actes de « tentative délibérée de perturber notre chaîne d’approvisionnement alimentaire et de saper la confiance des consommateurs ». Cette déclaration met en lumière le contexte plus large de la guerre hybride, où des attaques sur des infrastructures critiques peuvent servir à déstabiliser une société. Les rayons vides et le gaspillage alimentaire engendrent une perception de l'insécurité parmi les citoyens, soulignant l'importance de la résilience de la chaîne d'approvisionnement.
La sécurité de l'ensemble du système repose sur le maillon le plus faible. Pierre-Henry Poiret, expert en cybersécurité, a indiqué que ces événements nécessitent une « coordination au niveau européen et mondial ». Une vulnérabilité exploitée dans les supermarchés d'un pays peut rapidement se propager, illustrant que les frontières nationales sont devenues insignifiantes face à ce type de menace.
Cette série d'attaques fait suite à des incidents similaires survenus en France quelques semaines auparavant, où des centaines de magasins avaient été ciblés. Les pirates semblent exploiter une faille dans certains systèmes de contrôle, probablement ceux fabriqués par Danfoss, pour infliger des dommages importants. La répétition de ce mode opératoire laisse penser à une vulnérabilité bien connue, exploitée de manière organisée.
Bien que le commissaire Hansen ait assuré que la sécurité alimentaire globale de l'Europe n'est pas menacée, il a souligné l'importance de « travailler à tous les niveaux pour renforcer notre préparation et notre résilience ». L'identité des auteurs de ces cyberattaques demeure inconnue, mais le caractère coordonné et répété de ces actions constitue un signal d'alarme que l'Europe semble prête à prendre au sérieux cette fois-ci.