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Sunday, 11 October 2026
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Budget européen : l’Allemagne juge les coupes irlandaises insuffisantes

Le gouvernement irlandais a annoncé samedi une proposition de réduction d'environ 140 milliards d'euros pour le projet de budget pluriannuel de l'Union européenne, mais cette initiative n'a pas réussi à satisfaire l'Allemagne et ses alliés, qui continuent de demander des coupes budgétaires encore plus importantes, suscitant le mécontentement d'autres États membres, notamment la France.

Thomas Byrne, le ministre irlandais des Affaires européennes, a déclaré à Bruxelles qu'il y avait encore beaucoup à faire pour concilier les différentes positions. Il a présenté un budget révisé pour la période 2028-2034, qui, selon les calculs irlandais, est inférieur de 8 % par rapport à la proposition initialement avancée par Bruxelles l'année précédente. En tant que pays assurant la présidence tournante de l'UE, l'Irlande espère que cette nouvelle proposition permettra d'accélérer les discussions entre les 27 États membres, qui stagnent actuellement.

Cependant, les réactions des pays dits « frugaux », qui prônent des coupes budgétaires plus drastiques, ont été très négatives. Friedrich Merz, le chancelier allemand, a affirmé que « nous sommes toujours loin d'un accord » et que le montant de la nouvelle proposition n'est pas une base solide pour parvenir à une entente. Il a insisté sur le fait que le budget doit être soutenable pour ceux qui en assument la majeure partie des coûts.

Des alliés de l'Allemagne ont également exprimé leur désaccord. Jessica Rosencrantz, la ministre suédoise aux Affaires européennes, a qualifié le projet irlandais de « déraisonnable », tandis que Claudia Bauer, sa collègue autrichienne, a demandé « plusieurs centaines de milliards d'euros de coupes supplémentaires ». Ces critiques rendent encore plus difficile la conclusion des négociations budgétaires avant Noël, comme le souhaitent les responsables de l'UE, qui cherchent à éviter que ces discussions ne coïncident avec les nombreuses élections prévues en 2027, dont la présidentielle française, où l'extrême droite est en tête dans les sondages.

À deux mois et demi de l'échéance, le respect de ce calendrier semble de plus en plus compromis, en raison des positions divergentes parmi les 27 États membres. De plus, des élections législatives anticipées en Espagne, prévues pour fin novembre, pourraient également perturber le calendrier des négociations.

Dans une tentative de compromis, la présidence irlandaise a proposé de réduire les dépenses allouées au programme d'aide au développement Global Europe ainsi que les dépenses administratives. Toutefois, les « frugaux » souhaitent également réduire les fonds destinés à la compétitivité et à la sécurité, qui sont des secteurs jugés prioritaires. En revanche, les financements pour les politiques traditionnelles de l'UE, comme l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale, seraient maintenus dans l'ensemble, par rapport aux propositions de Bruxelles.

Un diplomate européen, qui a souhaité rester anonyme, a exprimé que cette approche était l'exact opposé de ce qui devrait être fait, appelant à un budget qui réponde aux défis et priorités actuels de l'Europe. Par ailleurs, Dublin a proposé un total de 55 milliards d'euros de « ressources propres » supplémentaires pour alimenter le budget européen, sans alourdir les contributions des États membres, notamment par le biais d'une taxe sur les grandes entreprises et d'une fiscalité environnementale.

Ces propositions seront discutées lors d'un sommet des chefs d'État et de gouvernement européens qui se tiendra jeudi et vendredi à Bruxelles. La France se positionne comme un acteur central dans ces négociations, dénonçant à la fois « les super frugaux » qui souhaitent des coupes massives tout en conservant leurs rabais, et « les amis de la cohésion », ces 17 pays du sud et de l'est qui aspirent à augmenter les fonds pour l'agriculture et les régions.

De son côté, le Parlement européen plaide pour un budget supérieur à la proposition initiale de Bruxelles. Siegfried Muresan, eurodéputé du PPE, a souligné que les réductions proposées par l'Irlande « affaibliraient notre capacité à agir » et diminueraient les possibilités de « protéger les citoyens ». Selon l'Irlande, le compromis proposé représente un budget total de plus de 1.600 milliards d'euros, soit une augmentation de 30 % par rapport à l'enveloppe actuelle, hors plan de relance post-Covid. Cependant, cela ne prend pas en compte l'inflation, qui réduit la valeur réelle de l'enveloppe.

Bien que cela ne représente qu'un peu plus de 1 % du revenu national brut de l'UE entre 2028 et 2034, les négociations se déroulent dans un climat financier tendu pour les 27 États membres, en raison de la hausse des prix de l'énergie. La France, comme plusieurs autres pays, fait face à des difficultés budgétaires internes, tandis qu'en Allemagne, Friedrich Merz est affaibli par la montée en puissance du parti d'extrême droite AfD.