Dans sa paranoïa, Vladimir Poutine possède un homme de confiance : voici le « Steve Jobs » russe qui fait peur à toute l’Europe
Maksim Orechkine, à 44 ans, est devenu une figure montante au sein de l'entourage de Vladimir Poutine, dont l'isolement s'accroît, renforcé par une sécurité renforcée autour de lui. Contrairement à l'image traditionnelle des hauts fonctionnaires du Kremlin, Orechkine se distingue par son style décontracté et sa manière dynamique de s'exprimer en public, rappelant le célèbre entrepreneur Steve Jobs. Cependant, derrière cette façade moderne se cache un discours qui s'éloigne des valeurs occidentales.
Ancien économiste à la Banque centrale de Russie et au Crédit Agricole, Orechkine a occupé des postes clés, notamment ministre de l'Économie, avant de devenir conseiller économique de Poutine. Sa montée en puissance est impressionnante : selon le classement mensuel des 100 personnalités politiques les plus influentes en Russie, il est passé de la 62e à la 10e place entre 2021 et août 2026, une progression sans précédent.
Son ascension n'est pas sans controverse, surtout en Europe. Depuis octobre 2022, il figure sur la liste des personnalités sanctionnées par l'Union européenne en raison de son rôle au sein du Conseil de coordination qui soutient les forces armées russes. L'UE considère qu'il contribue à des politiques menaçant l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ce qui contraste avec son image d'économiste moderne et visionnaire.
Orechkine utilise des techniques de communication inspirées de celles de Steve Jobs. Il privilégie un style moderne et dynamique lors de ses interventions, où il se positionne en tant que visionnaire, capable de prédire les impacts de la croissance démographique, des avancées scientifiques et de l'intelligence artificielle. Ses conférences ne se limitent pas à des exercices de prospective, elles révèlent également les ambitions de Poutine pour la Russie, avec un message clair : l'avenir ne se construira plus autour de l'Occident.
Il affirme que les pays des BRICS, incluant la Russie, le Brésil, la Chine, l'Afrique du Sud et l'Inde, seront les acteurs déterminants de l'avenir économique et technologique mondial. Lors du G20 à Johannesburg en 2025, il a souligné que la Russie pouvait aider ces nations à devenir « véritablement souveraines », une ambition qui vise à les libérer de l'influence occidentale tout en renforçant les liens avec Moscou. Ce discours politique contraste avec son image d'ancien banquier moderne.
La guerre en Ukraine constitue un échec pour Poutine, qui espérait une victoire rapide. Le conflit, qui a coûté de nombreuses vies et des ressources considérables, approche de son cinquième anniversaire le 24 février 2027. Poutine ne peut envisager l'échec, et doit donc adapter sa stratégie. Raoul Delcorde, ancien ambassadeur de Belgique, a récemment expliqué que la Russie doit détourner l'attention, car le conflit s'enlise. Les provocations à l'encontre des membres de l'OTAN, en particulier des pays baltes et de la Pologne, en sont une illustration.
Selon une analyse du journaliste Guy Van Vlierden, Poutine pourrait intensifier ses attaques contre l'Alliance atlantique avant le cinquième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine. La guerre est devenue une question de survie politique pour lui. D'après The Economist, Poutine aurait exprimé à des proches sa peur d'une défaite, craignant que ses ennemis intérieurs ne se retournent contre lui. Son objectif ne serait pas nécessairement de déclencher une guerre totale, mais de prouver que l'OTAN est incapable de défendre ses membres, ce qui lui permettrait de discréditer l'organisation sans avoir à la vaincre directement.