« C’est douloureux de le voir choisir un camp, pas le nôtre » : Zelensky s’est senti « trahi » par Trump
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé mercredi à Londres son désir de maintenir un partenariat solide avec les États-Unis, tout en révélant un sentiment de trahison face aux récentes déclarations de Donald Trump. Lors d'une rencontre avec le Premier ministre britannique à Downing Street, Zelensky a également sollicité le rétablissement du service Starlink, essentiel pour les communications militaires et la détection de drones.
« Nous comptons sur le partenariat avec les États-Unis et nous souhaitons être très clairs et honnêtes, en tant que partenaires forts », a déclaré Zelensky au début de leur entretien. « Aujourd'hui, nous avons subi de lourdes attaques et nous faisons face à des défis, notamment en ce qui concerne Starlink et le renseignement », a-t-il ajouté.
Lors d'une interview avec le journaliste Piers Morgan, dont des extraits ont été publiés sur X, le président ukrainien a exprimé sa douleur en voyant Trump prendre position contre l'Ukraine. « C’est douloureux de voir le président Trump choisir un camp, pas le nôtre », a-t-il affirmé. Interrogé sur ses sentiments de trahison, il a répondu par l'affirmative, précisant que la situation était plus complexe que ses émotions personnelles. « Il ne s’agit pas de moi, mais de la survie de mon pays », a-t-il déclaré.
Concernant Starlink, un conseiller de Zelensky, Serguiï Beskrestnov, a indiqué que certains terminaux de ce réseau avaient subi des restrictions durant la nuit précédente, sans préavis. Zelensky a averti que des vies seraient en danger si ces coupures continuaient, en soulignant l'importance de ce service pour les opérations militaires. « J'espère que c'est une erreur, peut-être un problème technique, mais nous demandons un rétablissement rapide du service », a-t-il insisté, qualifiant la coupure de « grosse erreur ».
Par ailleurs, Kiev a signalé qu'il n'avait pas été informé d'éventuelles frappes russes pour la deuxième nuit consécutive, ce qui complique la tâche de l'Ukraine, qui s'appuie sur le renseignement militaire occidental, notamment américain, pour anticiper les attaques russes.
Lors de son entretien avec Andy Burnham, Zelensky a salué le soutien du Royaume-Uni, qui a confirmé l'accélération de la livraison de missiles de défense aérienne. Burnham a également exprimé son souhait de rétablir les relations entre Zelensky et Trump, ce dernier ayant été particulièrement critique envers le président ukrainien ces derniers temps.
Cette situation a suscité des inquiétudes parmi les alliés européens de l'Ukraine, notamment en raison de la décision récente de Trump de lever les sanctions sur le diesel russe. Trump a également suggéré que l'Ukraine devrait envisager de se doter d’un nouveau dirigeant capable de négocier un accord de paix avec Moscou, ce qui a été mal reçu à Kiev.
Les dirigeants européens ont pour leur part évité de critiquer directement Trump, tout en soutenant son appel à une trêve concernant les frappes sur les infrastructures énergétiques des deux pays. Avant de se rendre à Downing Street, Zelensky a été accueilli par le roi Charles III, qui a été un fervent soutien de l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe en 2022. Depuis son arrivée au pouvoir en juillet, Burnham a déjà rencontré Zelensky à deux reprises, tant en Angleterre qu'à Kiev.