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Friday, 06 November 2026

Des bérets basques dans la crèche de la Grand-Place pour les Plaisirs d'Hiver 2026 : Jésus y dort dans une… carapace de tortue (photos & vidéo)

La crèche qui embellira la Grand-Place de Bruxelles durant l'hiver 2026 a été réalisée par de jeunes élèves issus de la région du Béarn. Cette région, ainsi que le Pays Basque, a été choisie comme invitée d'honneur pour l'événement des Plaisirs d'Hiver, un marché de Noël qui illuminera la capitale à partir du 27 novembre. La crèche sera installée pour une durée de trois ans.

Le projet a été conçu et fabriqué au sein du Lycée des Métiers d'Art de Coarraze. Pendant le premier semestre, les élèves ont travaillé avec soin pour sculpter d'imposantes figurines en bois, mesurant près de 2 mètres de haut, représentant les personnages classiques de la crèche. Deux symboles de la région d'accueil ont également été intégrés : le chiffonnier béarnais et le charbonnier basque Olentzero, tous deux coiffés du célèbre béret. En outre, une vache béarnaise et des moutons, typiques des paysages des Pyrénées, viennent compléter cette représentation du sud-ouest de la France.

Pour les Bruxellois, la présence d'un graissier et de sa brouette parmi les figurines pourrait sembler surprenante. Ce personnage rappelle une corporation du XVIe siècle, dont l'héritage perdure à travers une statue située au Petit Sablon et à la maison de la Brouette sur la Grand-Place. Un détail tout aussi original est la représentation du Petit Jésus, qui repose dans une carapace de tortue, une référence historique à Henry IV, originaire de Pau, qui aurait passé ses premiers jours dans un berceau de ce type. Ce roi de France avait également une résidence secondaire à Coarraze.

Blaise Guirao, professeur de sculpture, explique : "Nous avons sculpté des billes de chemin de fer". Il ajoute que l'inspiration provient à la fois du style gothique, des pièces rigides des jeux d'échecs médiévaux, ainsi que des figures des îles de Pâques. Contrairement à d'habitude, où ses étudiants se concentrent sur des bas-reliefs, ici, ils ont réalisé des sculptures en ronde-bosse, permettant une observation sous tous les angles. "Pour les aider, j'ai utilisé une tronçonneuse pour faire les premières découpes. Nous avons mis toute notre énergie dans ce projet, car les délais étaient très serrés. C'est pourquoi nous avons seulement livré des bustes, avec des plastrons", précise-t-il. Les statues portent également des capes confectionnées par les élèves de la filière de tapisserie de décoration.

Les enseignants, le personnel et les étudiants de cette école, qui forme chaque année environ 200 artisans, sont conscients de la controverse qui a secoué Bruxelles en 2025 avec sa crèche "sans visage". "Cela a pris des proportions démesurées", s'étonne Blaise Guirao. Son proviseur, Jean-Sébastien Abboud, se veut rassurant : "Si nos élèves ressentent une pression, elle est positive. Ils sont ravis et fiers de savoir que leur travail sera exposé à 4 millions de visiteurs, sans oublier l'attention des médias ! Nous espérons que notre vision sera appréciée".