Today's Post
Sunday, 25 October 2026
World

Des milliers de personnes contre Netanyahu à Tel-Aviv, avant les élections

À trois jours des élections législatives jugées cruciales, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Tel-Aviv le samedi 24 octobre pour exprimer leur opposition au gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. Cet événement se déroule dans un contexte où les élections sont perçues comme un véritable référendum sur la légitimité du Premier ministre en fonction.

La manifestation a été organisée par le Conseil d'Octobre, un groupe constitué de familles de victimes et d'otages pris par le Hamas lors de l'attaque tragique du 7 octobre. Ces familles réclament la mise en place d'une commission d'enquête sur les défaillances sécuritaires qui ont permis cette attaque, la plus meurtrière de l'histoire d'Israël. Jusqu'à présent, le gouvernement de Netanyahu a refusé d'initier une telle commission, malgré les nombreuses demandes émanant de la population israélienne.

Les principaux candidats de l'opposition qui se présentent aux élections de mardi, les premières depuis les événements du 7 octobre, ont tous promis d'établir une commission d'enquête en cas de victoire. Parmi eux, on retrouve Gadi Eisenkot, un centriste qui est en tête des sondages aux côtés de Netanyahu et qui critique sévèrement la gestion de la guerre à Gaza par le gouvernement actuel.

La manifestation a également attiré d'autres figures de l'opposition, telles que Yaïr Lapid, le chef de l'opposition actuelle, Naftali Bennett, ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman, et Yaïr Golan, le leader des Démocrates. Chacun de ces leaders a prévu d'assister au rassemblement, selon les organisateurs.

Les derniers sondages, publiés vendredi soir, indiquent que la compétition électorale est extrêmement serrée. Le bloc de Netanyahu est crédité de 50 sièges, tandis que le bloc d'opposition, dirigé par Eisenkot, en obtient 52. Aucun des deux blocs n'atteint cependant les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement au sein de la Knesset.

Pour clôturer leur campagne, Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont prévu des événements dimanche, tandis que Benjamin Netanyahu n'a pas encore annoncé de programme pour cette dernière ligne droite.

Un journaliste de l'AFP présent à Tel-Aviv a rapporté la présence de milliers de personnes marchant vers la place des Otages, un lieu symbolique dédié aux manifestations hebdomadaires exigeant le retour des personnes enlevées par le Hamas le 7 octobre. Les organisateurs ont déclaré que cet événement, organisé trois jours avant les élections, représente "le point culminant de trois ans de lutte pour la vérité et la responsabilité".

Hadas Feuershtein, une manifestante de 68 ans, a exprimé son mécontentement face à la gestion actuelle du pays : "Ceux qui nous ont dirigés ces quatre dernières années ont fait un travail lamentable. Israël n'a jamais été dans une telle situation", a-t-elle déclaré à l'AFP avant le début du rassemblement.

Les organisateurs ont également exprimé leurs craintes quant à d'éventuelles provocations de la part de militants pro-gouvernementaux durant la manifestation, avertissant les autorités à ce sujet. Naama Bitterman, une jeune électrice de 18 ans votant pour la première fois, a déclaré espérer la victoire d'un bloc anti-Netanyahu afin de restaurer l'image d'Israël à l'international, qui a souffert de la guerre à Gaza ainsi que des tensions avec l'Iran et le Hezbollah.

Elle a ajouté : "Je pense que si nous gagnons - et je crois que nous allons gagner - nous pourrons changer la façon dont le monde nous perçoit." En réponse à l'augmentation des colonies israéliennes en Cisjordanie et des violences qui en découlent, plusieurs pays, dont la France, ont récemment imposé des sanctions sur les produits provenant de ces colonies, jugées illégales au regard du droit international.

Benjamin Netanyahu, à la tête d'un des gouvernements les plus à droite de l'histoire d'Israël depuis 2022, a suggéré que le pays pourrait avoir besoin de développer une économie alternative pour faire face aux sanctions internationales, notamment bancaires. Il a mentionné avoir demandé qu'un "plan soit préparé" autour de la technologie blockchain, suscitant des moqueries de la part de ses adversaires.

"Netanyahu dit que s'il est réélu, Israël se déconnectera de l'économie mondiale. Pas de shopping en ligne, pas d'investissements dans la haute technologie, pas de sécurité. Nous devons nous assurer que bbcoin ne détruise pas Israël", a ironisé Gadi Eisenkot sur X, en référence au surnom du Premier ministre.