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Monday, 26 October 2026
Health

Échographie de grossesse : un manque de service dénoncé dans Charlevoix

Le comité des citoyens de l'hôpital de La Malbaie a exprimé des préoccupations concernant l'absence d'un service complet d'échographies de grossesse dans la région de Charlevoix. De nombreuses femmes enceintes se voient contraintes de parcourir plusieurs heures pour obtenir des examens qui ne peuvent être réalisés sur place.

Andrée-Anne Blais, enceinte de 37 semaines, avait initialement le souhait d'être suivie par une sage-femme et d'accoucher chez elle, à La Malbaie. Cependant, une anomalie détectée chez le fœtus a nécessité un suivi hebdomadaire au Centre Hospitalier de l’Université Laval (CHUL) à Québec. « Il y a une veine du cordon qui est plus grosse que la normale. Ils veulent que l'on fasse des suivis plus réguliers pour s'assurer qu'il ne se passe rien d'anormal avec bébé. Récemment, ils ont aussi remarqué quelque chose au niveau de son cœur », a-t-elle expliqué.

Bien que le tracé du cœur du bébé puisse être effectué à l'hôpital de La Malbaie, les échographies morphologiques doivent être réalisées à Québec. Cela oblige Andrée-Anne à parcourir quatre heures pour un rendez-vous qui ne dure qu'environ vingt minutes. « C'est très fatigant et frustrant. Rien que le trajet est long. Souvent, j'ai environ trois heures d'attente dans la salle d'attente en plus. Je passe donc ma journée complète au CHUL », a-t-elle déploré.

Selon Santé Québec, les échographies de datation, pré-césarienne et abdomino-pelvienne sont disponibles dans la région, mais « certains examens relèvent de services spécialisés en obstétrique-gynécologie du CHU de Québec-Université Laval, dont l'échographie morphologique », a précisé Mariane Lajoie, porte-parole de l'organisme. Elle a également souligné que Charlevoix, qui enregistre entre 100 et 120 naissances par an, « ne dispose pas du volume d'accouchements nécessaire pour offrir localement cette expertise ».

Cependant, cette justification est contestée par le comité des citoyens de l'hôpital de La Malbaie. « Nous avons un département d'obstétrique de très bonne qualité, reconnu pour son expertise. À La Malbaie, nous sommes capables d'offrir ces examens d'échographie de grossesse », a affirmé Anne Jean, représentante du comité.

Le comité propose principalement la mise en place de pratiques médicales à distance. « La télémédecine pourrait permettre de réaliser l'examen complet tout en offrant aux femmes la possibilité de rester chez elles, en toute sécurité et à proximité », a-t-elle ajouté.

Pour Andrée-Anne Blais, cette option aurait un impact significatif sur sa qualité de vie pendant sa grossesse. « Cela m'éviterait le trajet, la fatigue et l'inconfort d'être assise dans la voiture », a-t-elle énuméré.

Santé Québec ne semble pas opposée à cette idée. « La télémédecine et les technologies à distance font partie des avenues qui peuvent contribuer à améliorer l'accès aux soins et aux services dans Charlevoix. Nos équipes restent attentives aux projets et aux nouvelles possibilités dans ce domaine », a indiqué Mariane Lajoie dans un échange par courriel.

Le comité de citoyens estime qu'un accès complet aux services d'échographie pourrait favoriser la natalité et attirer de nouveaux habitants, alors que la MRC de Charlevoix-Est connaît une baisse démographique. Ils prévoient également de contacter la nouvelle députée Caroline Simard afin qu'elle fasse entendre leur voix auprès de Santé Québec.