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Monday, 26 October 2026
Health

[Vidéo] Santé : plus précoce, l'AVC frappe chaque jour six personnes à La Réunion

Du lundi 26 au samedi 31 octobre 2026, La Réunion se consacrera à la sensibilisation concernant les accidents vasculaires cérébraux (AVC). Cette initiative est d'autant plus importante que l'île fait face à un taux élevé de cette affection neurologique, souvent aux conséquences dramatiques. En effet, chaque jour, six personnes sont touchées par un AVC sur le territoire. Parmi elles, une personne décédera dans l'année qui suit l'accident.

La seconde édition de la Semaine Réunionnaise de l'AVC arrive à un moment crucial, car cette pathologie représente un véritable défi de santé publique localement. Les statistiques sont révélatrices : selon le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de La Réunion, le taux de mortalité lié aux AVC sur l'île est supérieur de 40 % à celui observé en France métropolitaine.

Un autre aspect alarmant est que les AVC se manifestent plus tôt à La Réunion, survenant en moyenne six ans avant les cas observés en France continentale. Cette situation résulte de divers facteurs de risque cardiovasculaires. Le Docteur Gabriel Mirebeau, neurologue au CHU Sud, souligne que l'hypertension artérielle est particulièrement répandue parmi les patients réunionnais. Lors de l'événement du mois du Kèr, il a été noté que 62 % des patients examinés à Salazie et 58 % à Cilaos souffraient d'hypertension.

Le diabète constitue également un facteur de risque majeur, touchant 13,4 % de la population locale, soit plus du double du taux observé en métropole. À cela s'ajoutent d'autres facteurs comme l'obésité, le tabagisme et un taux de cholestérol élevé, qui aggravent le risque d'AVC.

Il est essentiel de rappeler que les AVC sont en grande partie évitables. Selon Evelyne Ethève, infirmière en pratique avancée et responsable de la filière AVC à La Réunion, 80 % des AVC sont dus à des facteurs de risque modifiables. Un suivi médical régulier permet de dépister ces risques. Dans le cadre de la semaine dédiée à cette pathologie, des sessions de dépistage seront organisées le 26 octobre au CHU Nord et le 28 octobre au CHU Sud.

La prévention est donc cruciale pour réduire l'incidence des AVC. Le Docteur Mirebeau insiste sur l'importance d'adopter une "bonne hygiène de vie". Il recommande de privilégier une alimentation saine et de pratiquer une activité physique régulière. Les aliments riches en graisses et en sucres doivent être consommés avec modération, car ils contribuent au surpoids, un facteur de risque important pour les AVC. Pour promouvoir cette dynamique de santé, une marche sera organisée à Grande Anse le lundi 26 octobre à partir de 8 h 30, associée à une session de dépistage.

Reconnaître les premiers signes d'un AVC est également fondamental pour éviter des séquelles graves. Ces signes peuvent inclure des difficultés à parler, une perte de vision, un engourdissement des membres ou une perte d'équilibre. En cas de suspicion d'AVC, il est crucial d'appeler le 15 sans délai, car chaque minute compte pour minimiser les conséquences d'un accident cérébral.

Le Docteur Philippe Ocquidant, chef du service de réanimation au CHU, rappelle que les AVC peuvent entraîner des handicaps importants. "C'est une pathologie qui peut être fatale, mais elle est aussi à l'origine de lourds handicaps", précise-t-il. Ainsi, les patients nécessitent une rééducation et une réhabilitation adaptées, grâce aux filières mises en place pour leur prise en charge.