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Thursday, 29 October 2026
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Élections en Israël : une coalition avec les partis arabes pour écarter Benjamin Netanyahu, est-ce possible ?

Les élections en Israël ont suscité des espoirs de changement politique, mais le paysage reste profondément fragmenté. Après le scrutin, bien que l'engagement des électeurs ait été significatif et que divers partis aient déployé des efforts considérables, aucun bloc ne parvient à obtenir une majorité stable.

Selon Stéphane Rosenblatt, consultant en affaires internationales, cette situation est principalement due aux divisions marquées qui caractérisent la société israélienne. Il souligne que « Israël est une société extrêmement divisée, en clans très différents ». Les forces politiques se répartissent entre la droite nationaliste de Benjamin Netanyahu, l’extrême droite, ainsi que la gauche et le centre laïc. À cela s’ajoutent les partis arabes et les formations ultraorthodoxes, qui occupent une place unique dans le paysage politique du pays. Cette fragmentation complique considérablement la constitution d'une coalition gouvernementale.

Avec 85 % des votes déjà comptabilisés, le Likoud, dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et ses alliés obtiennent 54 sièges, tandis que le principal bloc d'opposition, mené par le centriste Gadi Eisenkot, en totalise 49. Aucun des deux blocs n'atteint les 61 sièges requis pour former une majorité au sein de la Knesset. Les résultats définitifs devraient être publiés d'ici vendredi matin.

Stéphane Rosenblatt observe que « Netanyahu reste au centre du jeu », ce qui constitue un des principaux enseignements de cette élection. Malgré les controverses et les critiques qui l'entourent suite aux attaques survenues le 7 octobre 2023, le Premier ministre conserve un noyau électoral extrêmement fidèle. « Il n’a pas été puni, il reste à la tête du principal parti, le Likoud », précise-t-il.

Rosenblatt établit un parallèle avec Donald Trump aux États-Unis, en notant que Netanyahu bénéficie d’un soutien qui transcende les simples enjeux politiques. « Derrière lui, c’est presque une tribu, c’est presque un clan, c’est presque un culte, en fait, Benjamin Netanyahu », affirme-t-il. Cette fidélité semble résister aux critiques relatives aux manquements sécuritaires ayant précédé les attaques du 7 octobre, ainsi qu'à son refus de créer une commission d’enquête d’État sur ces incidents. Même sans majorité claire, Netanyahu conserve donc une influence significative dans les négociations politiques, un fait que Stéphane Rosenblatt résume ainsi : « Il a la main, c’est un politicien hors pair ».

Les partis arabes, tels que Raam (Liste arabe unie, islamiste modéré) et la Liste unifiée (extrême gauche et nationalistes), qui ont été des cibles de critiques durant la campagne, semblent se diriger vers un score record de 17 sièges. Cela soulève la question de savoir si l'opposition pourrait envisager une coalition avec ces partis pour écarter Netanyahu du pouvoir. Mathématiquement, leur soutien pourrait s’avérer décisif, mais les obstacles politiques demeurent considérables. Rosenblatt fait remarquer que plusieurs responsables de l'opposition ont insisté sur l'importance de former une majorité sioniste, sans faire appel aux partis arabes. « Gadi Eisenkot se retrouve coincé aujourd’hui parce qu’il pensait avoir une majorité, et s’il ne passe pas par les partis arabes, il n’y a aucune chance qu’il se retrouve au gouvernement », explique-t-il.

Ce paradoxe est frappant : bien que les partis arabes puissent influencer les rapports de force, leur intégration dans une coalition reste politiquement contestée. « Les faiseurs de rois sont les partis arabes », résume notre consultant.

Cette situation engendre de nombreuses incertitudes pour l’avenir. L'absence de majorité stable pourrait prolonger les négociations, tandis que la possibilité de nouvelles élections reste sur la table. Rosenblatt indique que Benjamin Netanyahu conserve un avantage dans ce jeu politique complexe, car ses adversaires pourraient être réticents à s'associer avec lui. « S’ils s’allient à lui, ils savent très bien qu’il peut à tout moment déclencher de nouvelles élections », précise-t-il.

Ce scénario pourrait plonger Israël dans une nouvelle période d’instabilité politique. « On est effectivement dans une impasse », conclut Stéphane Rosenblatt, soulignant que cette situation pourrait se prolonger pendant plusieurs semaines, tant que la formation d’un gouvernement reste incertaine.