“Elles font leurs besoins sur la voie publique, se droguent...” : la solution trouvée par cette commune belge contre l’incivilité ne fait pas (du tout) l’unanimité
Sur la place Saint-Jean, située dans le nord d'Anvers, de nombreux résidents expriment un sentiment d'insécurité. Ce quartier est souvent le théâtre de comportements perturbateurs, surtout en soirée, comme l'indique notre journaliste Serge Vermeiren. Une habitante témoigne : « Il y a des drogués et des mendiants. Ils sollicitent constamment de l'argent. Ensuite, ils prennent leur matelas et s'installent près du Brico. »
Pour faire face à ces problèmes, la police d'Anvers a mis en place une liste de personnes identifiées comme responsables de troubles à l'ordre public. Ces individus peuvent désormais être arrêtés préventivement et retenus pour une durée maximale de 12 heures.
Ce qui rend cette initiative particulière, c'est que les personnes figurant sur cette liste peuvent être interpellées même si elles ne commettent pas d'infraction au moment de leur arrestation. La bourgmestre d'Anvers, Els Van Doesburg, défend cette approche en soulignant les nuisances que subissent les habitants. « Ce sont des personnes problématiques. Elles font leurs besoins sur la voie publique, consomment des drogues et dérangent les résidents. Elles rendent les aires de jeux pour enfants beaucoup moins sûres », déclare-t-elle.
Cependant, cette nouvelle mesure d'arrestation préventive suscite des controverses. Elle divise le paysage politique flamand et soulève des interrogations quant au respect des libertés individuelles. La Ligue des droits humains a décidé d'intenter une action en justice contre cette initiative. Sa présidente, Kati Verstrepen, admet les problèmes rencontrés par les habitants, mais insiste sur l'importance de respecter la légalité. « Cette insécurité est réelle et nous devons trouver une solution pour y remédier. Mais cela doit être fait dans un cadre légal », affirme-t-elle.