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Thursday, 05 November 2026
Sports

En période de crise budgétaire, faut-il sabrer dans les avantages fiscaux des footballeurs professionnels ? Tout le monde est pour, sauf le MR

En pleine crise budgétaire, la question des avantages fiscaux accordés aux footballeurs professionnels suscite un vif débat en Belgique. Le vice-premier ministre Maxime Prévot, membre du parti Les Engagés, a récemment exprimé des critiques à l'égard de Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement Réformateur (MR) et du club de football des Francs Borains. Lors d'une intervention sur le plateau du JT de la RTBF, Prévot a souligné que Bouchez avait refusé une proposition de réduction des avantages fiscaux dont bénéficient les footballeurs, estimés à 70 millions d'euros pour le secteur.

Cette position a été confirmée par le ministre flamand des Affaires sociales, Franck Vandenbroucke, qui a également pris la parole sur les ondes de la VRT. Selon une source gouvernementale, l'unanimité parmi les autres partis montre que la mesure semblait "100 % logique" pour tous, à l'exception du MR. La source a ajouté : "Dans le contexte financier actuel, il n'est pas juste d'accorder des cadeaux fiscaux à ceux qui gagnent des sommes aussi élevées, alors que d'autres doivent payer jusqu'à 50 % de leur salaire en impôts."

Ce sujet revient régulièrement sur la table lors des discussions budgétaires, sans jamais trouver de solution, selon Serge Verschueren, directeur du programme de gestion du sport à la VUB. Il a noté que la situation actuelle, qui dure depuis des années, engendre de la jalousie et qu'il est temps d'envisager un changement. "Le football belge est unique en son genre. Il s'agit principalement d'une compétition de transferts où les clubs achètent des joueurs de divisions inférieures à l'étranger pour les revendre rapidement à profit. C'est une forme de trafic sportif d'êtres humains, bien que ce soit une réalité difficile à accepter," a-t-il déclaré.

En effet, le secteur du football professionnel bénéficie d'avantages fiscaux considérables. D'après une analyse du Morgen, basée sur des données fiscales et des chiffres de l'ONSS, les sportifs belges, tous sports confondus, profitent d'avantages totalisant 227 millions d'euros cette année. Si tous les sports en bénéficient, l'impact est plus prononcé dans le football, en raison des salaires élevés.

Pour donner un exemple concret, un salarié ordinaire touchant 100 000 euros bruts par an paie 13 070 euros de cotisations ONSS, tandis qu'un footballeur belge de 19 ans ou plus ne verse que 3 875,70 euros. Ce que l'on appelle le "bonus sport" permet au footballeur de bénéficier d'une réduction forfaitaire mensuelle de 281,73 euros. Ainsi, sur un salaire brut mensuel de 8 333,33 euros, il paiera 281,73 euros de moins chaque mois, ce qui représente une économie annuelle de 3 380,76 euros. En ajoutant une réduction supplémentaire de 60 %, ce footballeur peut économiser plus de 9 000 euros par an par rapport à un salarié classique.

Les clubs, de leur côté, profitent également de régimes fiscaux favorables. En ce qui concerne l'impôt sur le revenu, il n'y a pas de distinction entre les footballeurs professionnels et les salariés ordinaires, mais les footballeurs peuvent bénéficier d'un taux d'imposition préférentiel de 16,5 % sur une première tranche de salaire, jusqu'à 24 710 euros nets par mois.

Les clubs d'employeurs bénéficient également d'importantes réductions fiscales, notamment une baisse de 65 % sur leurs cotisations ONSS et une dispense de versement du précompte professionnel. Pour les joueurs de moins de 26 ans, ce mécanisme a coûté 143 millions d'euros à l'État en 2023, selon le cabinet de Maxime Prévot. Ce dernier propose de récupérer 70 millions d'euros en limitant cette dispense à la partie des salaires ne dépassant pas 10 000 euros par mois. Les jeunes talents et les sportifs à revenus modestes continueraient à être couverts, mais le soutien public ne s'appliquerait plus aux salaires les plus élevés.