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Monday, 26 October 2026
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Grand Corps Malade: "La France m'inquiète"

Cette année marque les vingt ans de carrière de Grand Corps Malade. À cette occasion, il partage ses réflexions sur son parcours et ses préoccupations concernant la société française actuelle.

Le chanteur exprime un sentiment de nostalgie en repensant aux moments marquants de sa carrière, en particulier à ses débuts. "Je ressens une certaine nostalgie pour de nombreuses expériences. J'étais déjà nostalgique il y a vingt ans, en me remémorant des périodes passées. Aujourd'hui, je pense à mes débuts, à la découverte de ce métier, aux premières tournées, et aux rencontres inoubliables avec des artistes tels que Charles Aznavour, Renaud, Cabrel, et même des figures du rap. Je les écoutais avant même de me lancer dans la musique, et soudain, me voilà à partager des instants en studio avec eux," raconte-t-il.

Son dernier titre, "Voir la mer", est décrit comme une invitation à l'évasion. "C'est exactement cela. Une invitation à porter notre regard ailleurs, à respirer profondément, à retrouver une sensation de liberté," explique-t-il. Grand Corps Malade évoque également son expérience d'expatriation au Canada pendant un an, un défi pour sa famille, impliquant des démarches complexes pour s'installer, mais qui a enrichi sa perspective artistique.

Interrogé sur l’état actuel de la société, il affirme que celle-ci a également besoin de "respirer un bon coup". "Les gens gagneraient à se regarder et à se parler avec plus de gentillesse. Notre société doit faire preuve de plus de tolérance et de bienveillance," souligne-t-il. Il a composé deux chansons engagées qui reflètent son regard inquiet sur la France. "Avec un peu de recul, on peut voir les défauts de notre pays. En plus du manque de tolérance, il y a le racisme, qui se manifeste de plus en plus ouvertement. Cela m'inquiète pour nos enfants, qui grandissent dans un environnement où la violence entre ceux qui se ressemblent ou non semble de plus en plus courante. Cela ne correspond pas à mes valeurs," déclare-t-il.

Dans un monde en constante évolution, marqué par les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle, Grand Corps Malade admet parfois se sentir dépassé. "L'intelligence artificielle suscite des craintes, notamment en ce qui concerne les emplois qui pourraient disparaître à cause d'elle. Je ne suis pas contre la technologie, mais certaines évolutions peuvent être inquiétantes," confie-t-il.

Par ailleurs, il a écrit des chansons d'amour très personnelles, révélant une facette plus intime de son art. "À travers l'écriture, je me sens moins pudique. Je me rends compte que les textes les plus personnels résonnent souvent de manière universelle. Quand on parle de l'amour d'un père pour ses enfants, cela touche tout le monde," explique-t-il.

Si l'artiste avait eu la chance de passer une soirée avec Jacques Brel pour discuter d'écriture, il aurait souhaité lui faire part de son admiration. "J'aurais aimé parler de ses textes, des thèmes qui l'inspiraient et de ce qui le touchait ou l'énervait. Brel et Brassens sont parmi mes modèles d'écriture. Leur influence a été omniprésente dans ma vie," ajoute-t-il.

Concernant les chansons de Brel, il avoue qu'il aurait aimé écrire "Le Plat Pays". "J'apprécie beaucoup les chansons qui évoquent des lieux. Celle-ci est particulièrement belle. J'aime également "Ces gens-là", où l'on a vraiment l'impression d'être en compagnie des personnages," dit-il.

Enfin, Grand Corps Malade évoque la Belgique avec tendresse, la comparant au Québec. "Il existe un certain parallèle entre la Belgique et le Québec en termes de qualité de vie. J'ai visité la Belgique pour la première fois lors de la sortie de mon premier album. C'était une découverte pour moi, et c'est à cette époque que j'ai développé une passion pour les gaufres de Bruxelles. Il ne faut pas oublier vos bières et vos frites non plus !" conclut-il avec humour.