Hôtel-Dieu du Creusot : La chirurgie réparatrice, après un cancer du sein, redonne le sourire aux femmes
L'ablation partielle ou totale d'un sein en raison d'un cancer est une expérience pénible, tant sur le plan physique que psychologique, pour les femmes touchées. La chirurgie réparatrice, effectuée par le Dr Richard Vaucher, joue un rôle crucial dans ce processus de reconstruction. Elle permet aux patientes de se projeter vers une nouvelle vie avec le moins de séquelles possibles. Creusot-infos a eu l'opportunité d'assister à une opération au sein du bloc opératoire.
Après une intervention visant à retirer une tumeur, de nombreuses femmes se voient confrontées à une nouvelle étape : la reconstruction mammaire. À l'Hôtel-Dieu du Creusot, le Dr Richard Vaucher, chirurgien plasticien affilié au Centre de lutte contre le cancer de Lyon, propose depuis 2019 plusieurs techniques de chirurgie réparatrice. « Nous intervenons ici depuis plus de six ans pour effectuer des reconstructions et toute la chirurgie plastique à l'hôpital du Creusot », a-t-il déclaré.
Le parcours de lutte contre le cancer du sein ne se limite pas à l'ablation de la tumeur. Pour certaines femmes, la maladie peut entraîner des modifications physiques significatives, que ce soit en raison d'une mastectomie ou des effets secondaires d'une tumorectomie et des traitements associés. La reconstruction mammaire devient alors une étape essentielle dans le processus de soins. Le Dr Vaucher collabore avec les chirurgiens gynécologues de l'établissement pour offrir aux patientes diverses options de reconstruction.
La reconstruction mammaire peut être réalisée à différents moments. Dans certains cas, elle se fait immédiatement, au cours de la même opération que la mastectomie. Dans d'autres, elle est prévue ultérieurement, après la chirurgie initiale et les traitements complémentaires. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les chirurgiens gynécologues ici pour réaliser soit une reconstruction mammaire immédiate, soit une reconstruction secondaire », a précisé le Dr Vaucher.
Lorsque la reconstruction est effectuée immédiatement, la patiente peut bénéficier d'une reconstruction dès le retrait du sein, ce qui permet d'éviter une période sans reconstruction entre deux interventions. « Nous essayons de plus en plus d'encourager la reconstruction mammaire immédiate pour que les patientes ne se retrouvent pas avec un sein à plat », a-t-il ajouté. Dans le cas d'une reconstruction différée, un délai est souvent nécessaire pour permettre aux tissus de cicatriser et de prendre en compte les traitements complémentaires : « Généralement, cela prend environ un an », a expliqué le chirurgien.
Le choix de la méthode de reconstruction dépend de divers facteurs médicaux, mais également des souhaits de chaque patiente. L'intervention observée à l'Hôtel-Dieu du Creusot concernait une femme ayant subi une tumorectomie. Contrairement à une mastectomie, cette opération consiste à retirer uniquement la partie du sein contenant la tumeur tout en préservant le reste. Elle est souvent suivie d'une radiothérapie pour réduire le risque de récidive locale. Toutefois, cette combinaison de chirurgie et de radiothérapie peut parfois entraîner des séquelles physiques, telles que la rétraction des tissus, une perte de volume et une déformation du sein.
« Le sein est rétracté à cause de la tumorectomie, qui a créé un vide, et la radiothérapie a accentué cette agression », a décrit le Dr Vaucher. Pour remédier à ces modifications, il a effectué un lipomodelage, technique consistant à prélever de la graisse sur d'autres zones du corps de la patiente avant de la réinjecter dans le sein : « Aujourd'hui, nous avons réalisé un premier lipomodelage. Nous avons injecté une petite quantité de graisse pour redonner un peu de volume et surtout pour introduire de nouveaux facteurs de croissance dans cette zone endommagée », a-t-il expliqué.
Quelques mois plus tard, une nouvelle intervention peut être envisagée pour libérer les tissus rétractés et améliorer davantage la forme du sein. Dans certains cas, une intervention sur l'autre sein peut également être nécessaire pour retrouver une certaine symétrie. La reconstruction mammaire n'est pas fondée sur une unique technique. Les chirurgiens peuvent utiliser des implants mammaires, de la graisse de la patiente ou ses propres tissus prélevés ailleurs dans le corps. Le Dr Vaucher privilégie de plus en plus les techniques utilisant la graisse : « L'injection de graisse est devenue l'une des principales techniques, car elle est non traumatique, à part pour les zones de liposuccion », a-t-il indiqué.
Cette méthode présente plusieurs avantages, permettant de restaurer progressivement le volume sans introduire de corps étranger dans l'organisme. Le prélèvement de graisse laisse généralement de petites cicatrices : « Cela laisse une petite cicatrice d'environ cinq millimètres, semblable à une piqûre de moustique sur les zones de prélèvement », a illustré le chirurgien. Il a également souligné que cette technique peut être particulièrement bénéfique, car les zones de prélèvement peuvent bénéficier d'une liposuccion.
Bien que certaines techniques, notamment les reconstructions microchirurgicales utilisant des tissus prélevés sur le ventre ou la cuisse, soient réalisées à Lyon, une grande partie des interventions est accessible à l'Hôtel-Dieu du Creusot, offrant ainsi un service essentiel aux patientes de la région.