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Saturday, 07 November 2026

« Ils n’ont pas prêté attention » : comment un détenu a-t-il pu s’échapper (si facilement) de la prison de Haren ?

Une évasion inattendue a eu lieu dans l'une des prisons les plus modernes de Belgique. Ce jeudi matin, aux alentours de 7h30, un détenu de la prison de Haren a réussi à quitter l'établissement sans faire usage de la violence et sans rencontrer de véritables obstacles. Le jeune homme, âgé de 19 ans et déjà connu des services pénitentiaires, a profité de la sortie autorisée d'un autre détenu pour s'échapper.

La surveillance du détenu était assurée par un agent stagiaire qui n'avait que quelques mois d'expérience. Malgré les contrôles de sécurité prévus sur le chemin de la sortie, personne n'a remarqué l'absence de vérification de l'identité du fuyard. « Il a suivi la troupe », a commenté Vincent Gontier, délégué du syndicat CSC prisons, soulignant que cette évasion met en lumière plusieurs dysfonctionnements dus à un manque de personnel.

Selon Gontier, le stagiaire en charge de la surveillance se trouvait seul et n'a pas pris le temps de vérifier l'identité du détenu. De plus, les autres services censés effectuer des contrôles sur le parcours vers la sortie n'ont pas été en mesure de le faire correctement, en raison d'un manque d'effectifs et de délais à respecter. Cela a permis au jeune homme de passer inaperçu. « Il a simplement suivi la troupe et en a profité pour s’évader », a-t-il ajouté.

Ce type d'incident est perçu par les syndicats comme une conséquence directe du manque de ressources dans les établissements pénitentiaires. La formation des stagiaires a été réduite et il arrive souvent qu'ils ne soient pas accompagnés d'agents plus expérimentés. Cette situation fragilise non seulement la sécurité, mais elle affecte également les conditions de travail du personnel pénitentiaire.

« Les conditions de travail ne sont pas idéales. Nous manquons de personnel sur le terrain, ce qui est aggravé par l'absentéisme dû aux agressions et aux burn-out. Lorsque l'on doit assumer seul le travail de deux personnes, dans des conditions difficiles, il arrive un moment où le corps ne suit plus », a déploré Vincent Gontier.

La prison de Haren, inaugurée comme un établissement ultramoderne, fonctionne selon le concept de « prison village ». Ce modèle est censé offrir plus de liberté de mouvement aux détenus, mais les représentants du personnel estiment qu'il nécessite des effectifs suffisants pour garantir la sécurité, ce qui n'est pas le cas actuellement.

« Cette prison a été présentée comme un établissement high-tech, mais nous faisons face à de nombreux problèmes. La surpopulation carcérale et le manque d'effectifs créent des difficultés en matière de sécurité », a déclaré Yasin Sarikaya, également délégué CSC prisons. Il a ajouté que les agents pénitentiaires se sentent dépassés par la situation actuelle. « Ils sont complètement déboussolés et livrés à eux-mêmes », a-t-il dénoncé.

L'évasion a duré un peu plus de dix heures. Le détenu a été retrouvé jeudi soir, vers 18h, dans le centre de Bruxelles. Il a ensuite été reconduit à la prison de Haren et transféré dans une autre unité de vie pour éviter tout nouveau risque d'évasion.