L'opération "anti-clichés wallons" de Thomas Dermine fait mouche auprès des patrons flamands
Selon un membre de son équipe, Thomas Dermine a préparé une opération de communication depuis plusieurs semaines. Chaque détail a été soigneusement planifié pour que le slogan "Charleroi : waar Vlamingen thuis zijn" capte l'attention des Flamands, mais aussi des Wallons. Le bourgmestre socialiste de Charleroi a décidé d'agir après avoir été particulièrement touché par un article de Jan Segers publié le 31 juillet dans Het Laatste Nieuws, où l'éditorialiste flamand critiquait sévèrement la ville et ses habitants, les qualifiant de "suant la misère". Dermine, révolté par ces propos, a dénoncé la vision stéréotypée que Segers véhiculait et a saisi cette occasion pour montrer une nouvelle dynamique économique à Charleroi, alimentée par des entrepreneurs flamands.
Ce jeudi, vers 10 heures, Thomas Dermine a organisé une rencontre avec les médias au centre de Charleroi pour présenter des projets d'investissement de plusieurs entreprises flamandes. Bien que l'équipe du bourgmestre ait dû insister pour que certains journalistes néerlandophones se déplacent, de nombreux reporters ont finalement répondu favorablement à l'invitation. Cependant, Jan Segers, invité à cet événement, n'a pas pu être présent, comme l'a précisé la porte-parole de Dermine.
Face à une assemblée de journalistes et de caméras, dont celle de la VRT, Dermine a lancé la présentation – en néerlandais – en commentant des diapositives mettant en avant les atouts de Charleroi et de sa région. Au lieu de se concentrer sur l'image négative souvent associée à la ville, il a souligné la disponibilité d'espace et de main-d'œuvre, des éléments de plus en plus rares en Flandre. "Bienvenue à Charleroi ! Bienvenue au pays des opportunités !", a-t-il déclaré avec enthousiasme.
Par la suite, Benoît Deper, fondateur et PDG d'Aerospacelab, ainsi que six autres chefs d'entreprise flamands ont pris la parole en français pour présenter leurs projets d'investissement. Parmi eux se trouvent des figures importantes du secteur immobilier, comme Philippe Deschilder (CEO de Heylen Warehouses), Joris Ide (CEO de Bremhove), Gaëtan Hannecart (CEO de Matexi), Dirk Deroose (CEO de LCV Real Estate), Pierre Stadsbader (CEO de TRBA) et Laurens Brantegem (CEO de Zabra).
Laurens Brantegem a exprimé son sentiment d'être le bienvenu à Charleroi, une expérience qui n'est pas toujours la même en Flandre. Un autre entrepreneur, préférant rester anonyme, a même ajouté que "la Flandre est en train de s'étouffer dans les réglementations". Philippe Deschilder a également souligné la nature accueillante des autorités carolos envers les investisseurs, précisant que la volonté des dirigeants locaux de construire un avenir économique pour la ville a été un facteur déterminant de leur choix d'implanter leurs projets à Charleroi.
Gaëtan Hannecart a fait l'éloge de la nouvelle dynamique en cours à Charleroi, notant l'engagement de la ville à collaborer avec des partenaires du secteur public et privé. Thomas Dermine, visiblement satisfait, a ensuite embarqué les PDG et les journalistes dans un bus pour faire un tour de plusieurs chantiers en cours, y compris la mégafactory d'Aerospacelab et un futur hôtel-restaurant Van der Valk. Il a reconnu qu'il restait encore beaucoup à faire et que "tout n'est pas parfait" à Charleroi.
Dermine a également affirmé que "le misérabilisme n'a plus sa place à Charleroi et en Wallonie" et a conclu la visite en dénonçant les querelles communautaires comme une création politique, soulignant l'absurdité de voir deux régions si proches être séparées par des barrières mentales et linguistiques. L'opération "Charleroi : waar Vlamingen thuis zijn" s'est achevée à 12h30, et les retours des chefs d'entreprise et des journalistes flamands indiquent que l'initiative a été bien accueillie.