Le pétrole repart à la hausse sur fond de tensions au Moyen-Orient : le baril repasse au-dessus des 100 dollars
Aux alentours de 07H30 GMT, le prix du Brent, référence mondiale pour le pétrole, dépassait les 103 dollars, atteignant 103,94 dollars, soit une augmentation de 3,73 %. Le WTI, son équivalent nord-américain, s'élevait à 91,31 dollars, en hausse de 3,43 %.
En Europe, peu après l'ouverture des marchés, Paris enregistrait une baisse de 1,02 %, Francfort de 0,86 % et Milan de 1,25 %. Londres, quant à elle, reculait de 0,55 %, soutenue par la performance de ses grandes compagnies pétrolières, BP et Shell, qui ont respectivement gagné 1,42 % et 1,33 % grâce à l'envolée des prix du brut.
En Asie, Tokyo a vu son indice baisser de 1,42 %, Séoul de 2,62 % et Taipei de 1,19 %. À Hong Kong, la perte était de 1,40 % lors des dernières transactions.
Les analystes de Natixis soulignent que "le pétrole demeure le principal moteur des marchés ce matin", citant des informations du média américain The Atlantic selon lesquelles la Maison-Blanche envisagerait des frappes contre l'Iran avant les élections de mi-mandat. Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, ajoute que "l'accumulation de titres concernant les tensions persistantes au Moyen-Orient affecte le moral des investisseurs".
Un incident notable a eu lieu récemment lorsqu'un pétrolier naviguant au large du Qatar a rapporté avoir été touché par plusieurs projectiles, entraînant un nombre indéterminé de victimes, selon l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Dans ce contexte, les rendements obligataires augmentent à nouveau, car l'inflation provoquée par la hausse des prix du pétrole met les banques centrales sous pression pour maintenir des taux d'intérêt élevés, voire les augmenter davantage. En Europe, le rendement des obligations allemandes à dix ans, considéré comme un indicateur clé, s'élevait à 3,50 % vers 07H30 GMT, contre 3,47 % la veille. Parallèlement, le rendement français a augmenté de 0,05 point de pourcentage pour atteindre 4,91 %.
La situation budgétaire de la France est particulièrement préoccupante en raison de son niveau élevé de dette et de ses déficits, alors que les députés ont entamé mercredi des discussions difficiles sur le projet de budget de l'État pour 2027. À 11H30 GMT, les investisseurs examineront le compte-rendu de la réunion de septembre de la Banque centrale européenne (BCE), qui a abouti à une hausse des taux directeurs pour lutter contre l'inflation. Ils ont également pris connaissance la veille des "minutes" de la Réserve fédérale américaine (Fed), où la majorité des participants ont jugé qu'une nouvelle hausse des taux était très probablement justifiée d'ici la fin de l'année.
Le rendement des obligations américaines à dix ans était de 5,33 %, contre 5,28 % la veille. Le dollar, quant à lui, restait stable, en hausse de 0,02 % par rapport à l'euro, s'établissant à 1,1195 dollar pour un euro.
Du côté des entreprises, Samsung Electronics a annoncé jeudi s'attendre à une augmentation de plus de 780 % de son bénéfice d'exploitation pour le troisième trimestre, grâce à la hausse des prix des semi-conducteurs et à l'essor de l'intelligence artificielle. Malgré cela, le titre a reculé de 2,42 % à Séoul. Charu Chanana de Saxo Markets explique que "les bénéfices bruts peuvent encore être très solides, mais avec des attentes élevées et des valorisations exigeantes, le niveau d'exigence pour les investissements s'est accru".
De plus, le chiffre d'affaires pour cette période, estimé en hausse de 127 % à 195.000 milliards de wons (environ 130 milliards d'euros), est cependant resté en deçà des prévisions des analystes cités par Bloomberg. Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets, s'inquiète : "Lorsque même des résultats d'entreprise convaincants ne suffisent plus à faire monter les cours, cela constitue un signal d'alerte pour l'ensemble du rallye boursier". Dans ce climat, les entreprises du secteur des semi-conducteurs ont également enregistré des baisses en Europe, avec des chutes notables pour STMicroelectronics à Paris (-3,23 %), Infineon à Francfort (-2,94 %) et ASML à Amsterdam (-1,74 %).