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Saturday, 31 October 2026
Health

La Russie de Poutine, championne d’Europe du VIH

Vingt-sept régions de la Russie ont atteint un niveau d’épidémie de VIH, marquant une propagation du virus au-delà des groupes à risque vers l’ensemble de la population. Ce constat a été fait par Vassili Akimkine, le directeur de l’Institut central d’épidémiologie de Rospotrebnadzor, l’agence sanitaire de la Russie. Selon les critères établis, une épidémie est déclarée lorsque le taux de VIH chez les femmes enceintes dépasse 1 %. Dans certaines oblasts, notamment Kemerovo, Irkoutsk et Sverdlovsk, ce chiffre dépasse même 2 % de la population.

La prévalence du VIH chez les personnes âgées de 15 à 49 ans est de 1,5 %, ce qui est cinq fois supérieur au taux observé en France (0,30 %), neuf fois plus élevé qu’au Royaume-Uni (0,17 %) et 3,6 fois plus que celui des États-Unis (0,42 %). Ce taux est comparable à celui du Nigeria, où il atteint 2,2 %.

Cette situation n’est pas inéluctable, mais résulte d’une politique délibérée. Depuis la fin des années 1990, la Russie a interdit la méthadone et la buprénorphine, ainsi que la distribution de seringues stériles. De plus, la loi sur les « agents de l’étranger » a conduit à l’expulsion de nombreuses ONG qui menaient des actions de prévention et de sensibilisation.

En conséquence, seulement la moitié des personnes vivant avec le VIH dans la région bénéficient d’un traitement, et la charge virale, qui indique le niveau de réplication du virus dans le corps, disparaît chez seulement 42 % de ces patients. La situation s'est aggravée, car l’épidémie commence à se propager au sein des hôpitaux : Rospotrebnadzor a signalé en 2025 un nombre record d’infections nosocomiales, et onze établissements de santé font actuellement l’objet d’enquêtes dans dix régions. Dans ces centres, des équipements comme des cathéters et des glucomètres étaient utilisés pour plusieurs patients, ce qui a favorisé la transmission du virus.

Concernant le budget fédéral pour 2027, il prévoit des médicaments supplémentaires pour 30 000 patients, alors que chaque année, 45 000 nouveaux cas de VIH sont diagnostiqués. Pendant ce temps, la Russie, sous la direction de Poutine, consacre des ressources considérables à son effort militaire en Ukraine, mais néglige le financement des traitements antirétroviraux nécessaires pour sa population atteinte du VIH. Le régime, qui se présente comme un bastion des valeurs traditionnelles face à la décadence perçue de l’Occident, semble abandonner ses propres citoyens à la maladie, par manque de volonté politique pour leur fournir les soins dont ils ont besoin.