«La situation de la RDC n'a cessé d'empirer»: l'ancien président Joseph Kabila tance Félix Tshisekedi
L'ancien président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, a prononcé une allocution à la nation le vendredi 9 octobre, marquant sa deuxième intervention depuis qu'il a quitté le pays. Dans ce discours, Kabila a fortement critiqué son successeur, Félix Tshisekedi, l'accusant d'avoir précipité la RDC dans une crise politique, sécuritaire et économique grave.
Le constat de Joseph Kabila est alarmant. Selon lui, la RDC n'est plus une véritable République, et encore moins une démocratie. Il a dénoncé une gouvernance caractérisée par l'« institutionnalisation du tribalisme et du népotisme », ainsi que par une aggravation de la pauvreté et une « opulence scandaleuse d'une élite dirigeante ». L'ancien président a également évoqué des violations des droits de l'homme, des arrestations arbitraires et une corruption qu'il estime généralisée. Il a exprimé sa déception face au fait que ses propositions formulées en 2025 aient été « ignorées », affirmant que, depuis lors, « la situation du pays n'a cessé d'empirer ».
Bien qu'il n'ait pas nommé directement Félix Tshisekedi, Kabila a critiqué un pouvoir personnel qui serait guidé par « la seule volonté d'un chef de l'État », qui considérerait le pays comme « une propriété privée ». Il a accusé le président actuel de mener la nation vers le chaos, soulignant une « incapacité avérée à produire le moindre résultat tangible depuis des années ».
Sur le plan sécuritaire, Joseph Kabila a reproché au gouvernement actuel ses échecs militaires dans l'est de la RDC, affirmant que celui-ci souhaitait poursuivre une « guerre » sans avoir « ni la volonté ni les moyens de (la) gagner ». Il a également critiqué la poursuite de la collaboration avec des groupes armés tels que les wazalendo et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). De plus, il a accusé Tshisekedi de rejeter la possibilité d'un dialogue véritablement inclusif, notamment les initiatives proposées par les Églises congolaises.
Enfin, l'ancien président a exprimé des préoccupations concernant les accords sur les minerais stratégiques avec les États-Unis, les qualifiant de menaces pour « l'indépendance nationale et l'avenir des générations futures ». Il a conclu son discours en affirmant que « le Congo est en péril » et a appelé les Congolais à « se prendre en charge ». Joseph Kabila a également annoncé qu'il donnerait prochainement plus de détails sur les actions qu'il juge nécessaires pour « sauver » le pays.
Par ailleurs, il est à noter que Joseph Kabila a récemment contesté les sanctions imposées par Washington, qui l'accuse de soutenir le groupe armé M23, révélant ainsi des tensions persistantes sur la scène politique et sécuritaire de la RDC.