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Sunday, 18 October 2026
Science

Les personnes les plus épanouies après 60 ans partageraient 5 habitudes bien précises, selon les spécialistes

Selon une vaste étude internationale, l'âge de quarante-neuf ans serait celui où le bonheur atteint son niveau le plus bas. Cette période de vie, souvent associée à la crise de la quarantaine, marque cependant le début d'une phase de rétablissement vers une plus grande sérénité. Cette constatation pourrait changer notre vision du vieillissement.

Loren Olson, psychiatre américain, souligne que les personnes âgées peuvent nous enseigner beaucoup sur la manière d'atteindre un bonheur durable. Il évoque cinq habitudes essentielles : la gratitude, la pleine conscience, l'importance des relations sociales, l'acceptation des changements et la quête de sens. Certaines de ces idées sont corroborées par des recherches, tandis que d'autres relèvent davantage de conseils de bien-être que de résultats scientifiques établis.

Au fil des quinze dernières années, les économistes ont mis en évidence une courbe du bonheur en forme de U, où le bien-être diminuerait de la jeunesse jusqu'à la cinquantaine, puis remonterait. David Blanchflower, économiste au Dartmouth College aux États-Unis, a fait de cette courbe l'un de ses sujets d'étude principaux. En 2025, il a noté que cette tendance semblait avoir disparu dans plusieurs pays. Une étude parue dans la revue PLOS One, portant sur près de deux millions de participants dans 44 pays entre 2020 et 2025, révèle que la détresse psychologique est désormais plus élevée chez les jeunes adultes et diminue avec l'âge. Une autre recherche, menée avec la psychologue Jean Twenge dans six pays anglophones, parvient à la même conclusion concernant la satisfaction de vie.

Ce changement serait principalement dû à la détérioration de la santé mentale des jeunes, plutôt qu'à une amélioration significative chez les personnes âgées. D'autres chercheurs demeurent sceptiques quant à l'existence même de la courbe en U.

Laura Carstensen, psychologue à l'université de Stanford, propose une explication à cette sérénité apparente des personnes âgées. Sa théorie de la sélectivité socio-émotionnelle suggère que, lorsque l'espérance de vie se réduit, les priorités évoluent : la recherche de nouveautés et d'apprentissages passe au second plan, laissant la place aux relations et aux expériences significatives. Une étude impliquant 200 000 personnes a cherché à déterminer à quel moment on cesse réellement d'appréhender le vieillissement, et les résultats sont révélateurs.

Les travaux de l'équipe de Carstensen ont également mis en lumière un phénomène appelé « effet de positivité ». Les personnes âgées tendent à se concentrer davantage sur les informations positives que négatives, bien que cette tendance soit une moyenne et ne s'applique pas à tous les individus.

Les relations sociales émergent comme un facteur clé du bien-être. L'étude sur le développement adulte de l'université Harvard, initiée en 1938, a démontré que la satisfaction relationnelle à 50 ans prédit mieux la santé à 80 ans que des indicateurs médicaux. En 2010, une méta-analyse conduite par la psychologue Julianne Holt-Lunstad de l'université Brigham Young a compilé 148 études, révélant que les individus avec des relations sociales solides avaient environ 50 % de chances de survie supplémentaires par rapport à ceux qui en avaient moins, un résultat comparable à des facteurs de risque bien connus comme le tabagisme.

Concernant la gratitude et la pleine conscience, tenir un journal de gratitude est souvent présenté comme un moyen simple d'améliorer son bien-être. Toutefois, les études montrent que cet effet est réel mais limité. Une méta-analyse de 27 essais, menée en 2021 par des psychologues de l'université d'État de l'Ohio, a conclu que ces exercices n'avaient qu'un faible impact sur les symptômes de dépression et d'anxiété, à peine supérieur à celui d'une simple activité d'écriture neutre.

Il est également important de noter que vieillir peut apporter des avantages tant physiologiques que psychologiques. Des recherches récentes indiquent que notre perception du vieillissement joue un rôle crucial dans notre santé future. Les auteurs de l'étude concluent qu'il n'est pas très utile de conseiller à une personne déprimée d'être plus reconnaissante. D'autre part, les programmes de méditation de pleine conscience ont montré des effets modérés sur l'anxiété et la dépression dans plusieurs synthèses d'études.

Enfin, il est essentiel de comprendre que le bien-être ne dépend pas uniquement de l'état d'esprit. Des facteurs tels que la santé, les revenus, le logement, l'isolement et la perte de proches influencent également le bien-être des personnes âgées. Ces situations varient énormément d'un individu à l'autre. De plus, les personnes âgées ne sont pas à l'abri de la dépression, souvent moins bien diagnostiquée à cet âge, car elle peut être confondue avec les effets du vieillissement. Une tristesse persistante, une perte d'intérêt pour les activités habituelles ou un repli sur soi nécessitent d'en parler à un médecin, qui pourra orienter vers un professionnel de la santé mentale.