Longtemps en croissance, ce marché est désormais en difficulté : bientôt une hausse des prix à la clé ?
Actuellement, les agriculteurs s'affairent à récolter les dernières pommes de terre, et Antoine en fait partie. Il a déjà terminé deux tiers de sa récolte, mais les résultats sont décevants. « En grande partie, nous allons obtenir des pommes de terre assez petites, alors qu’en temps normal, nous avons des tubercules beaucoup plus gros », explique-t-il.
Les conditions climatiques difficiles, notamment des périodes de sécheresse et de fortes chaleurs, ont conduit cet agriculteur à anticiper un rendement inférieur de 30 % par rapport à la normale. De plus, la superficie des terres cultivées a été réduite pour éviter les excédents et les pertes lors des ventes, comme cela s'était produit l'année précédente.
Les producteurs qui ont des contrats avec les usines sont particulièrement préoccupés par les rendements de 2026, car ces dernières imposent des critères stricts de calibre. Malheureusement, cette année, toutes les pommes de terre ne sont pas conformes à ces normes. « Nous devons généralement atteindre une taille moyenne de X centimètres pour une pomme de terre. En dessous de cela, nous rencontrons des réfractions, et toutes les usines fonctionnent plus ou moins de la même manière. Je m'interroge sur la manière dont cela va se passer pour les usines et le rechargement », se questionne Antoine.
En Belgique, le marché de la pomme de terre subit une pression accrue. Bien qu'il ait connu une croissance continue ces dernières années, il fait désormais face à une concurrence mondiale de plus en plus forte. « Cela fait 20 ans que les surfaces consacrées à la culture de la pomme de terre augmentent, tout comme les besoins de l'industrie. Aujourd'hui, nous assistons à un changement de paradigme. De nouveaux concurrents, notamment l'Inde et surtout la Chine, entrent sur le marché de l'exportation », souligne Daniel Ryckmans, conseiller technique pour le secteur de la pomme de terre.
La production pourrait également diminuer sur plusieurs segments de marché, y compris pour les pommes de terre destinées à la consommation fraîche, à la transformation industrielle et à la production de fécule. Cette situation pourrait entraîner une hausse des prix pour les consommateurs dans un avenir proche.