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Sunday, 18 October 2026
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Main arrachée, pillage, incendie et cortège refoulé près de l'Élysée : une journée de manifestation en France émaillée de scènes de chaos

Samedi, environ "800.000" personnes ont été mobilisées à travers la France, d'après le syndicat CGT, qui a exhorté le gouvernement à "cesser la répression" suite aux violences survenues entre manifestants et forces de l'ordre. À Saint-Étienne, un homme a perdu une main après avoir ramassé une grenade lancée par la police, selon des sources proches de l'incident.

Les slogans tels que "Abattre le système" et "On prend la Bastille" ont résonné au cours de cette mobilisation, qui rassemblait des gilets jaunes, des lycéens, des étudiants, des travailleurs ainsi que des militants écologistes et antifascistes. L’ambiance a parfois pris des tournures insurrectionnelles.

À Marseille, plusieurs dizaines de commerces ont été pillés dans le centre-ville. Des manifestants ont également réussi à forcer l'entrée de la mairie, criant "C'est la Révolution, on prend la Bastille", avant d'être dispersés par la police, comme l'a constaté un journaliste de l'AFP. Cette référence à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, symbolise le début de la Révolution française.

Le ministère de l'Intérieur a rapporté que des tentatives d'attaques sur des institutions publiques ont eu lieu dans plusieurs villes. À Lille, des individus ont forcé plusieurs accès à la mairie, causant des dégâts dans les locaux, selon un journaliste de l'AFP. À Lyon, l'office de tourisme, situé sur la place Bellecour, a été saccagé et incendié. À Bordeaux, un rassemblement de 7.000 manifestants a débouché sur des affrontements entre groupes radicaux et forces de l'ordre dans les rues commerçantes du centre-ville.

À Paris, un cortège non déclaré a été "refoulé" par la police alors qu'il se dirigeait vers le palais de l'Élysée, d'après la préfecture de police. Sur la place de la République, d'épaisses fumées noires, provoquées par des incendies de poubelles et de kiosques, se mêlaient aux gaz lacrymogènes employés par les policiers pour disperser plusieurs centaines de manifestants, dont certains lançaient des mortiers d'artifice.

Deux personnes ont escaladé une statue, à proximité de laquelle une voiture a été incendiée, pour la revêtir d'un gilet jaune portant l'inscription "2026 la police mutile les lycéens". Cette mobilisation rappelle les manifestations des gilets jaunes de 2018-2019, qui avaient débuté contre la hausse des taxes sur les carburants et avaient donné lieu à des violences, notamment sur les Champs-Élysées, entraînant des mutilations parmi les manifestants, des images qui avaient fait le tour du monde.

À 15h00, 272 personnes avaient été interpellées dans le pays, selon le ministère de l'Intérieur, qui craignait que "l'ultragauche ne fasse dégénérer les cortèges". Malgré ces incidents, de nombreux manifestants ont défilé pacifiquement pour exprimer leurs revendications dans des villes de toutes tailles, comme à Niort ou Valenciennes.

Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise aux élections présidentielles, présent dans le cortège parisien, a critiqué les chaînes d'information qui diffusent des images de violences, alors que "des dizaines de milliers de gens" marchent "calmement". De son côté, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, a dénoncé que "les revendications sociales légitimes aient une nouvelle fois été prises en otage par l'extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon".

Le président Emmanuel Macron a réagi en affirmant qu'il n'y a "aucune place pour la violence" dans la République. Il a annoncé que ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis", déclarant que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui cherchent à abattre nos institutions". Macron a écrit sur X : "Aucune place pour la violence dans notre République. Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu'à nos mairies, seront poursuivis et punis".

Il a ajouté que le pays se tiendra uni contre ceux qui empêchent l'expression pacifique des revendications.