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Saturday, 07 November 2026
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Première mondiale en Wallonie : une voiture rendue électrique et pilotée à distance grâce à de vieux smartphones

Une innovation sans précédent a été présentée ce matin à Nivelles par deux entreprises wallonnes, marquant une avancée majeure dans le domaine de l'électrification et du recyclage automobile. Elles ont réussi à transformer un véhicule de 20 ans en une voiture électrique pilotée à distance, en utilisant des composants issus de vieux smartphones.

Bien que des voitures autonomes aient déjà été vues, Marc Lainez, cofondateur de Spin42, souligne l'originalité de leur projet : « Avez-vous déjà observé cela sur une Polo de 2007 ? Je ne pense pas. » Grâce à un moteur Nissan et des freins provenant de Tesla, le véhicule a été entièrement modernisé. À l'intérieur, les sièges arrière ont été remplacés par un réseau de câbles et de micro-ordinateurs, illustrant la possibilité de combiner des pièces de différents fabricants pour créer un véhicule répondant aux normes actuelles. « Ce n'est pas une tâche facile, car chaque constructeur utilise son propre langage », précise Lainez. « Toutefois, nous pouvons aujourd'hui élaborer des plateformes qui facilitent cette intégration. »

La plateforme développée permet d'unir des composants de divers fabricants, ce qui offre une flexibilité inédite. Lainez remarque que « nos véhicules deviennent de plus en plus semblables à des smartphones sur roues, soulevant ainsi la question de leur obsolescence. Contrairement à l'informatique traditionnelle, il n'existe pas encore de système d'exploitation alternatif pour les voitures. C'est pourquoi nous avons conçu une plateforme intégrant des composants électroniques standards, permettant l'interopérabilité entre différentes marques. »

Cette approche novatrice pourrait également s'avérer cruciale en cas de crise, par exemple en cas de pénurie de pièces détachées. « Un tel système pourrait permettre d'utiliser des composants d'autres marques pour maintenir un véhicule opérationnel », ajoute-t-il.

Pour le volet connectivité, Spin42 a collaboré avec Citronics, une start-up spécialisée dans la réutilisation de smartphones usagés comme micro-ordinateurs. Jean-Brieux Feron, le dirigeant de Citronics, explique : « Nous disposons de 10 000 unités, que nous démontons. La carte mère, contenant les processeurs et mémoires, est précieuse car elle fournit la puissance de calcul nécessaire au véhicule. » Ce système permet à la Polo de 2007 d'accéder à Internet grâce à un boîtier récemment commercialisé. « Avec ce projet, nous mettons en avant le potentiel de réemploi de nos anciens téléphones et visons à développer un modèle d'électronique circulaire, car de nombreux composants actuellement jetés pourraient avoir une seconde vie », ajoute Feron.

Le recyclage des composants électroniques permet aussi de diminuer la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers. Feron souligne que « cela est compétitif, car moins cher à performance équivalente, durable, car nous évitons la production de nouveaux composants polluants, et souverain, puisque ces smartphones sont disponibles localement, réduisant ainsi notre dépendance à des chaînes d'approvisionnement complexes. » Il mentionne également qu'utiliser des composants reconditionnés peut réduire de 50 % les émissions de CO2 liées à la production.

Leur objectif est d'extraire et de reprogrammer les composants des 200 millions de smartphones jetés chaque année en Europe, et d'un milliard dans le monde, pour améliorer l'efficacité énergétique de divers appareils, y compris les véhicules. « Aujourd'hui, c'est une voiture, mais demain, cela pourrait être un camion ou un véhicule militaire », envisage Feron.

Après trois années de recherche et développement, la démonstration a été un succès. Citronics peut traiter jusqu'à 3 000 systèmes par mois et prévoit de multiplier cette capacité par dix dans les années à venir. Pour la Polo de Spin42, une dizaine de smartphones sont nécessaires. Actuellement, le véhicule est contrôlé par radiofréquence, mais la carte mère permet de collecter des données essentielles comme la vitesse et l'état de la batterie. L'ambition est de rendre le véhicule entièrement autonome en utilisant les réseaux 4G et 5G. « Nous testons déjà une version miniature de la Polo, qui roule de manière autonome. L'objectif est de transposer cette technologie à un véhicule à taille réelle, ce qui nécessitera encore plusieurs ajustements mécaniques et électriques », conclut Marc Lainez.