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Thursday, 05 November 2026

Procès de la mort d’Esekia 'les parents, qui baignaient dans la misère sociale, ont été dépassés par les événements' - RTBF Actus

Le procès concernant la mort d'Esekia a connu un tournant marquant lors de son troisième jour, à Mons, dans le cadre des assises du Hainaut. Après une plaidoirie accablante de la partie civile et un réquisitoire où l'avocat général a demandé la requalification des faits en assassinat, la défense a pris la parole pour contrer ces accusations. Régis Brocca, l'avocat de Gilles Viaene, a ouvert sa plaidoirie en s'adressant directement aux jurés, sans détour, affirmant que les mots élégants n'importent peu dans une affaire aussi grave. Il a exhorté les jurés à ne pas céder à la tentation de "venger Esekia" et a précisé : "Nous ne les jugeons pas en tant que parents. Nous les jugeons en tant qu’accusés".

Me Brocca a mis en exergue la distinction entre les parents défaillants et le rôle d'assassins que l'accusation leur a attribué. Il a déclaré : "Être un mauvais parent ne fait pas de nous un assassin", soulignant que la question cruciale pour les jurés est de déterminer quelle infraction a été réellement commise. Est-ce du meurtre ou de la privation de nourriture ? Il a soutenu que l'intention homicide n'était pas évidente, évoquant les difficultés rencontrées par le père pour emmener Esekia à ses consultations médicales, notamment en raison de la misère sociale qui les frappait.

Brocca a insisté sur le fait que cette pauvreté explique en partie les échecs des parents à respecter les rendez-vous médicaux, notamment ceux nécessitant un véhicule médicalisé difficile à obtenir. En évoquant les revenus du couple, estimés à 4200 euros mensuels, il a ironisé : "On croyait que c’était Byzance avec leurs 4200 balles ?", rappelant que le seuil de pauvreté pour une famille de huit personnes était de 4785 euros selon Statbel.

Pour lui, il serait simpliste de prétendre que la vie était facile pour cette famille et que la mort d'Esekia était uniquement due aux addictions du père. Concernant le médicament Artane, destiné à contrôler les mouvements incontrôlés de l'enfant, l'avocat a mentionné que certains experts l'avaient jugé indispensable à la survie de l'enfant, tandis que d'autres n'étaient pas aussi affirmatifs. Il a également noté que Gilles Viaene, malgré ses limitations financières, avait tenté de trouver une alternative en achetant des médicaments homéopathiques, qui s'avéraient plus coûteux que l'Artane, nécessitant une prescription.

Bien que reconnaissant que les parents avaient des comportements discutables, comme donner des chips à leurs enfants au petit-déjeuner, Me Brocca a contesté l'idée qu'ils ne nourrissaient pas leur fils. Il a affirmé que les repas étaient préparés et a insisté sur le fait qu'il n’avait pas été prouvé qu'Esekia manquait de nourriture, mais plutôt de compléments alimentaires. Enfin, il a affirmé que Gilles Viaene avait aimé son fils et que le massage cardiaque qu'il lui avait prodigué en attendant les secours le jour de sa mort était incompatible avec une intention de meurtre.