Saint-Léon. Cérémonies : deux monuments aux morts pour la commune
À Saint-Léon, chaque cérémonie de commémoration donne lieu à un dépôt de deux gerbes, symbolisant l'existence de deux monuments aux morts dans la commune. Le premier monument, situé devant la mairie, comporte trente-quatre noms gravés sur ses plaques latérales. Parmi ces noms, dix figurent également sur un second monument, plus modeste, érigé près de l'église du hameau de Caussidières.
La décision de construire ces deux monuments a été prise peu après l'Armistice, lors d'une séance du conseil municipal le 22 juin 1920. Ce dernier a chargé "deux Comités composés des personnes les plus notables de la commune" de superviser l'érection des monuments en mémoire des soldats tombés pour la Patrie. Le premier monument devait être installé à Saint-Léon, sur la place publique, tandis que le second était prévu à Caussidières, à proximité de l'école.
Pour financer ces projets, les comités ont reçu une allocation de 9 000 francs, dont un tiers était destiné à celui de Caussidières, en raison de la représentation d'un tiers de la population locale. Les comités ont rapidement commencé leurs travaux, mais ils ont rencontré des obstacles, comme l'indique le maire lors de la séance du 27 février 1922. Il a rapporté une demande du comité concernant l'emplacement du futur monument, signalant qu'il n'y avait qu'un seul terrain public disponible, devant l'école des filles, qui servait de jardin à l'institutrice. Une décision a donc été prise d'acquérir un terrain alternatif, remplaçant le jardin de l'enseignante, ce qui a été réalisé sans délai.
Les travaux ont progressé rapidement par la suite, et lors de la séance du 27 juin 1922, le conseil a été informé qu'il ne restait plus qu'à régler, "dans un bref délai", les paiements aux entrepreneurs responsables de l'érection des monuments. Cependant, le registre des délibérations ne fournit pas d'autres détails sur la suite de l'histoire des deux monuments.
Le monument de Saint-Léon se distingue par une sculpture représentant un soldat au repos, appuyé sur le canon de son fusil, dont la crosse repose au sol. Ce type de représentation est relativement rare, comme le souligne Serge Clément dans son ouvrage "Commune mémoire", qui recense les monuments aux morts de la Haute-Garonne. Il n'en dénombre que 21 correspondant à cette description parmi les 496 monuments recensés dans la région.
En revanche, le monument de Caussidières adopte une forme d'obélisque, un style beaucoup plus courant pour ce type de commémoration. Il est décoré et surmonté d'une urne, reposant sur un piédestal qui supporte la plaque listant les noms des morts. Cette diversité dans la conception des monuments témoigne de l'importance de la mémoire collective et du respect dû aux soldats qui ont donné leur vie pour leur pays.