Sifflé pour avoir joué avec la Belgique, il comprend aujourd'hui ceux qui préfèrent le Maroc
Mo Messoudi, ancien milieu de terrain du Raja Casablanca, a récemment partagé ses réflexions sur l'évolution des choix des joueurs belgo-marocains, notamment ceux qui préfèrent représenter le Maroc. Lors d'un match amical à Bruxelles, il avait inscrit deux buts contre le Maroc, mais avait été hué par le public, qui ne lui avait pas pardonné d'avoir choisi de jouer pour la Belgique plutôt que pour le pays de ses parents. Vingt ans plus tard, il comprend parfaitement les raisons qui poussent la nouvelle génération à opter pour les Lions de l'Atlas.
Lors de ce match, qui s'est terminé sur un score de 4-4, Messoudi, ainsi que ses coéquipiers Marouane Fellaini et Ibrahim Maaroufi, avait été la cible de sifflets. Leur choix de représenter la Belgique avait suscité une vive réaction, au point que des journalistes de la télévision marocaine s'étaient rendus chez sa mère pour lui demander pourquoi son fils ne jouait pas pour le Maroc. Elle avait répondu que son fils n'avait jamais été convoqué et qu'il avait été formé en Belgique.
À 42 ans, Messoudi, aujourd'hui entraîneur au Beerschot, a évoqué cet épisode dans un entretien avec le quotidien Het Nieuwsblad. Il observe avec attention la tendance actuelle où de jeunes joueurs formés en Belgique, comme Chemsdine Talbi et Rayane Bounida, choisissent de représenter le Maroc. “Ce n’est pas un choix contre la Belgique”, précise-t-il. Selon lui, ces joueurs restent reconnaissants envers le pays qui les a formés, mais ils sont également conscients de l'accueil chaleureux que leur réserve le public marocain.
Messoudi a lui-même fait l'expérience de cette ferveur en rejoignant le Raja Casablanca en 2015. Dès ses premiers entraînements, il a été surpris par la popularité qu'il a acquise, étant reconnu par des inconnus dans la rue et même lors des contrôles de passeports à l'aéroport. Toutefois, cette passion peut parfois avoir un revers. Il raconte que, suite à certaines défaites, les joueurs étaient contraints d'attendre plusieurs heures dans les vestiaires jusqu'à ce que les supporters mécontents quittent le stade. Une fois, après une élimination en Coupe du Trône, leur bus avait été attaqué près d'un péage.
Cette immersion dans le football marocain a également permis à Messoudi de mieux comprendre le pays de ses ancêtres. Lors de vacances familiales entre Tanger et Tétouan, il a découvert des villes comme Casablanca et Rabat. Son accent arabophone du Nord a parfois suscité des situations amusantes, qu'il compare à parler comme un Flamand à Anvers.
En ce qui concerne le football marocain, Messoudi a noté des changements significatifs. Les infrastructures se sont modernisées, les ambitions des équipes ont augmenté, et les joueurs formés à l'étranger s'adaptent plus facilement. Il a également observé une plus grande présence du néerlandais et de l'anglais dans l'environnement des sélections nationales. Pour lui, ces évolutions expliquent en partie pourquoi des joueurs comme Rayane Bounida choisissent de jouer pour le Maroc. “Le pas à franchir pour les garçons de la diaspora est devenu plus petit”, constate-t-il, tout en exprimant son admiration pour le Maroc, qu'il qualifie de “pays fantastique”.