Soupçons de détournement de fonds publics : Edouard Philippe placé sous le statut de témoin assisté
L'ancien Premier ministre Édouard Philippe a été entendu toute la journée par deux juges d'instruction spécialisés dans les affaires financières. Cette audition s'est tenue dans le cadre de son statut de témoin assisté, une position moins accusatrice qu'une mise en examen. Son avocat, Emmanuel Marsigny, a exprimé à l'AFP que "Édouard Philippe se félicite de cette décision favorable qui confirme qu'il n'y a rien à lui reprocher dans cette affaire".
Ce statut de témoin assisté pourrait évoluer si de nouveaux éléments étaient découverts au cours de l'enquête. Cependant, pour l'instant, cela semble réduire les risques de poursuites judiciaires pour Philippe, qui a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2024.
L'affaire a débuté suite à une plainte déposée par Cornélia Findeisen, ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine du Havre. Son avocat, Jérôme Karsenti, a déclaré à l'AFP : "Nous nous réjouissons que l'instruction suive son cours", tout en soulignant l'importance de connaître le contenu de l'audition d'Édouard Philippe pour comprendre les motivations des juges face à des faits qu'il considère comme sérieux.
Les accusations de Cornélia Findeisen concernent une convention d'objectifs pluriannuelle signée en juillet 2020, relative à l'animation de la Cité numérique du Havre. Cette convention a été établie entre Édouard Philippe, qui était alors président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole, et Stéphanie de Bazelaire, présidente bénévole de l'association LH French Tech.
LH French Tech, fondée en juillet 2020, a été choisie pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020, dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG). L'association, qui était la seule candidate, devait recevoir 2,154 millions d'euros en compensation de service public pour réaliser divers projets.
Cornélia Findeisen, qui a occupé le poste de directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole de septembre 2020 à avril 2023, a déposé deux plaintes. La première, en 2023, a conduit à l'ouverture d'une enquête préliminaire, avec des perquisitions effectuées par le parquet national financier. La seconde plainte a été déposée en juin 2025, cette fois avec constitution de partie civile, entraînant en mai 2026 la saisine de juges d'instruction financiers à Paris.
En janvier 2025, à sa demande, Cornélia Findeisen a été reconnue comme lanceuse d'alerte, ce qui lui a permis de bénéficier d'une protection dans le cadre de ses démarches judiciaires.