« Tout simplement insoutenable » : la Belgique face à une facture salée pour le prochain budget européen
La Belgique pourrait être confrontée à une augmentation significative de sa contribution au budget de l'Union européenne dans les années à venir, selon des déclarations faites mardi par l'ambassadeur belge auprès de l'UE, dans le cadre d'un débat sur la nouvelle proposition budgétaire de l'Union pour la période 2028-2034.
La présidence irlandaise du Conseil de l'UE a présenté samedi une proposition visant à réduire de 160 milliards d'euros le projet initial élaboré par la Commission européenne, qui s'élevait à près de 2.000 milliards d'euros en termes de prix courants. Cette initiative irlandaise cherche à répondre aux préoccupations exprimées par l'Allemagne et cinq autres États membres considérés comme « frugaux », qui souhaitent des limites de dépenses plus strictes. Cependant, cette proposition de compromis n'est pas encore satisfaisante pour ces pays.
La Belgique a également exprimé des inquiétudes quant au montant de sa contribution, jugé excessif. « Dans cette proposition, notre contribution nationale augmenterait encore de 44 %. Une telle hausse, presque de moitié, est tout simplement insoutenable compte tenu de notre situation budgétaire. Le montant total doit donc être révisé à la baisse », a déclaré l'ambassadeur belge, Peter Moors, lors d'une réunion qui s'est tenue à Luxembourg.
Actuellement, la Belgique verse environ 4,2 milliards d'euros par an au budget de l'UE. La proposition initiale de la Commission prévoyait une augmentation de plus de 50 % de la part belge, la portant à environ 6,8 milliards d'euros.
En outre, la Belgique regrette que la présidence irlandaise n'ait pas donné suite à sa demande de conserver une part plus importante des droits de douane. À l'heure actuelle, les États membres peuvent conserver 25 % de ces droits en tant que frais de perception, mais la Commission a suggéré de réduire ce pourcentage à 10 %. Pour la Belgique, qui dispose du port d'Anvers, cela pourrait représenter plusieurs centaines de millions d'euros de revenus en moins par an.
Par ailleurs, d'autres modifications concernant les recettes pourraient également affecter le budget belge. M. Moors a notamment mentionné la proposition irlandaise qui vise à accorder un délai supplémentaire aux pays d'Europe centrale et orientale pour le versement des recettes issues de la vente aux enchères des quotas d'émissions de gaz à effet de serre. Cela pourrait avoir un impact significatif sur les finances belges.
La situation actuelle met en lumière les tensions au sein de l'UE concernant la répartition des contributions budgétaires, notamment entre les États membres plus riches et ceux qui sont plus frugaux. La Belgique, en tant que pays contributeur net, se trouve dans une position délicate alors qu'elle essaie de défendre ses intérêts tout en participant au financement des projets européens. Les discussions autour de ce budget continueront d'évoluer dans les mois à venir, avec des négociations prévues pour tenter de trouver un consensus entre les différents États membres.