Trump s'emporte contre le résultat des midterms : "Nos élections sont tellement truquées, vous n'avez pas idée"
Le président républicain, qui avait initialement promis d'accepter les résultats des élections de mi-mandat lors de son allocution de mardi soir, a rapidement changé de ton en revenant jeudi à ses accusations habituelles, sans preuve, de fraude électorale orchestrée par les démocrates. "Nos élections sont tellement truquées, vous n'avez pas idée", a-t-il déclaré aux journalistes dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.
Deux jours après les élections, les projections de CNN et Fox News indiquent que les démocrates devraient avoir au moins 250 élus à la Chambre des représentants. Ce chiffre pourrait encore augmenter, car le décompte des voix se poursuit dans une vingtaine de circonscriptions à travers le pays. Les démocrates sont déjà assurés de posséder au moins 65 sièges de plus que les républicains.
En outre, les démocrates ont réussi à faire basculer sept sièges au Sénat, leur permettant d'obtenir une majorité d'au moins 54 sénateurs sur 100, même si les résultats des élections en Alaska et au Mississippi restent en attente. Concernant l'Alaska, Donald Trump a exprimé son mécontentement quant à l'issue incertaine de la course au Sénat dans cet État traditionnellement républicain. "Les voix pour le faux Dan Sullivan (...) devraient être immédiatement créditées au VRAI Dan Sullivan, et l'élection est jouée - il gagne aisément. Il n'y a pas d'autre solution juste !", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social jeudi matin. Un homonyme du sénateur républicain s'étant effectivement présenté, cela a soulevé des accusations de tentative de dilution des voix, bien que les démocrates aient nié toute implication.
Avec près de 75 % des bulletins dépouillés, la candidate démocrate Mary Peltola n'a qu'une avance de 600 voix sur son concurrent. L'autre Dan Sullivan, quant à lui, obtient 1,7 % des voix, soit environ 3 600 suffrages. Dans le Mississippi, un autre bastion républicain, le candidat démocrate Scott Colom a une avance de 1 138 voix sur la sénatrice sortante républicaine Cindy Hyde-Smith, après le dépouillement de 96 % des bulletins. La portée de la victoire démocrate est déjà considérée comme historique, tant à Washington que dans les assemblées législatives locales.
Les 350 millions d'Américains devront patienter jusqu'au 3 janvier pour découvrir la composition de leur nouveau Congrès, dont le Sénat sera en mesure de bloquer les nominations fédérales de Donald Trump. En ce qui concerne la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries est pressenti pour devenir le nouveau président, marquant une première pour un élu noir à ce poste. Dans une lettre adressée mercredi à ses collègues, il a exposé la feuille de route des démocrates : "Faire tout (leur) possible pour réduire de manière significative le coût de la vie". L'inflation, exacerbée par le conflit en Iran, est perçue comme un facteur clé de la débâcle électorale républicaine.
Les démocrates ont également exprimé leur intention de contrebalancer le pouvoir qu'ils jugent "hors de contrôle" de l'exécutif. "Nous allons faire rendre des comptes aux escrocs", a promis Hakeem Jeffries, dénonçant "la corruption massive subie par le pays de la part du cartel Trump". De nombreuses enquêtes parlementaires sont anticipées suite à cette situation.
Le président républicain, qui refuse de prendre la responsabilité de cette défaite, a semblé déconnecté lors de son intervention mercredi, se concentrant plutôt sur son projet de salle de bal à la Maison Blanche, un chantier qui lui tient à cœur. Plusieurs figures influentes du Parti républicain ont rapidement rompu avec leur réserve habituelle. Le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, a qualifié la défaite de "catastrophe" pour les républicains dans de nombreuses régions, une situation inédite depuis un siècle. De son côté, le vice-président JD Vance a pris ses distances avec Donald Trump, affirmant que le conflit en Iran était "la raison" de cette débâcle électorale.