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Tuesday, 03 November 2026
Health

175e de Sainte-Julie: un médecin qui a lutté contre la variole… et la morale religieuse!

La célébration du 175e anniversaire de Sainte-Julie offre une belle opportunité de redécouvrir l'histoire de cette petite municipalité, et de mettre en lumière le rôle essentiel joué par le Dr Jodoin, son médecin pionnier. Originaire de Varennes, celui-ci a combattu une épidémie de variole tout en faisant face à des défis liés aux convictions religieuses de son époque.

Joseph-Clément Jodoin, souvent appelé Uldéric, s'est établi à Sainte-Julie en 1901, période durant laquelle une épidémie de variole menaçait la communauté et ses environs. À cette époque, la variole était une maladie très contagieuse et potentiellement mortelle, notamment sous sa forme la plus grave, la variole majeure, qui affichait un taux de mortalité variant entre 20 % et 45 %. Cette maladie se manifestait par de fortes fièvres, des douleurs intenses et des éruptions cutanées sévères.

Face à cette menace, certaines maisons étaient même affichées pour indiquer la présence de la maladie, dans le but de limiter sa propagation. Selon les dires de l'archiviste-historien Guy Perron, le Dr Jodoin a joué un rôle clé dans la lutte contre l'épidémie, et son influence a contribué à l'adoption, en 1903, d'un règlement municipal rendant la vaccination obligatoire.

Les relations entre le Dr Jodoin et certains curés de la paroisse étaient parfois tendues, comme le souligne Perron, illustrant ainsi les conflits existants entre les pratiques médicales et les croyances religieuses de l'époque. Les curés avaient souvent une vision morale rigide, et il n'était pas aisé pour le Dr Jodoin de composer avec l'autorité de l'Église.

À titre d'exemple, au printemps 1925, le curé Lessard s'était fermement opposé à l'établissement d'un cinéma permanent dans la paroisse, déclarant que cela déformerait la conscience des enfants et détournerait l'argent du peuple vers des intérêts externes. De plus, dans les années 1920, des soirées dansantes étaient organisées à la salle paroissiale Saint Jean Baptiste et à l'école du village, attirant les jeunes mais suscitant également l'inquiétude du curé, qui rappelait aux familles leurs responsabilités morales.

Le décès du Dr Jodoin en 1938 a laissé un grand vide à Sainte-Julie, qui se retrouvait sans médecin résident. Pendant près de 20 ans, la commune a cherché un successeur. En 1951, un médecin de Québec a exprimé son intérêt à s'établir à Sainte-Julie, à condition qu'une maison soit construite pour lui, mais cette demande a été refusée.

Ce n'est qu'en 1957 qu'un nouveau médecin résident, le Dr Marcel Desrochers, a pris ses fonctions à Sainte-Julie, mais il est parti en 1963 pour poursuivre une spécialisation en radiologie à Québec. Par la suite, les soins médicaux ont été assurés par des médecins non-résidents, comme le Dr Léonce Mayrand de Saint-Bruno à partir de 1963, puis le Dr Pierre Frégeau en 1966. Ces médecins recevaient les patients julievillois quelques jours par semaine dans la maison Borduas, située en face de l'église.

Enfin, il est à noter qu'une rue de Sainte-Julie a été nommée en l'honneur du Dr Jodoin en 1989, soulignant ainsi son héritage et son impact sur la communauté. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le site de la ville de Sainte-Julie.